Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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dimanche 12 août 2018

Le Prince à la petite tasse - Emilie de Turckheim

Le Prince à la petite tasse
Emilie de Turckheim
Editions Calmann-Levy
216 pages
Synopsis
Un jour, j’ai dit : « Ils sont des milliers à dormir dehors. Quelqu’un pourrait habiter chez nous, peut-être ? » Et Fabrice a dit : « Oui, il faudra juste acheter un lit. » Et notre fils Marius a dit : « Faudra apprendre sa langue avant qu’il arrive. » Et son petit frère Noé a ajouté : « Faudra surtout lui apprendre à jouer aux cartes, parce qu’on adore jouer aux cartes, nous ! »
Pendant neuf mois, Émilie, Fabrice et leurs deux enfants ont accueilli dans leur appartement parisien Reza, un jeune Afghan qui a fui son pays en guerre à l’âge de douze ans. Ce journal lumineux retrace la formidable aventure de ces mois passés à se découvrir et à retrouver ce qu’on avait égaré en chemin : l’espoir et la fraternité.
Avis
D'Afghganhistan en France...
Reza, jeune réfugié afghan est accueilli par Emilie de Turchkeim et l'ensemble de sa famille dans leur petit logement du Vème arrondissement de Paris. L'auteur de ce récit nous dévoile, nous décrit et nous fait partager ses plusieurs mois passés en compagnie de Reza.
Beaucoup de choses m'ont interpellé dans ce récit : un altruisme omniprésent de la part de tous les membres de cette famille, la chance d'avoir eu un réfugié afghan avec une empreinte religieuse accessible qui a sans doute et sans conteste facilité l'intégration de Reza dans cette famille d'accueil, les difficultés à communiquer, les codes culturels français qui restent parfois difficiles pour Reza à être déchiffrés...
Si pour les personnes accueillantes comme l'auteur et sa famille trouvent cette expérience certainement très enrichissante et très humaine, j'ai quand même eu le sentiment que pour les personnes réfugiées comme Reza, leur seul objectif est de trouver un toit, un lit et des outils pour se donner la force de rebondir. Reza a l'air certes très gentil et assez facile à vivre, mais l'attachement que lui porte cette famille et la manière qu'ils ont eu d'intégrer Reza de manière un peu trop personnelle à mon goût, ne les mèneront-ils pas un jour vers un chemin de déception ?...
Leur démarche est malgré tout courageuse car peu de personne serait capable de faire entrer chez eux un inconnu fuyant son pays détruit par les bombes. Ouvrir et offrir sa maison requiert aussi une certaine diplomatie... Reza n'est pas toujours évident à cerner... Son régime alimentaire est assez déconcertant pour la narratrice qui nous explique qu'il lui faut une quantité astronomique d'huile par jour dans ses repas ; que l'argent qu'il gagne à son travail, il le dépense pour acheter des tentes, des téléphones portables ou encore de la nourriture pour les autres réfugiés restés dehors, ceux qui n'ont pas eu comme lui la chance de trouver une famille d'accueil.. L'auteur n'esquive pas les contraintes rencontrées et n'hésite pas à s'interroger sur elle-même afin de relativiser chaque jour sur sa propre existence... Parce que ce réfugié est très jeune, Emilie de Turchkeim se laisse parfois envahir par son statut de mère protectrice et elle reste sans conteste une femme émotive qui ne veut voir que la bonté des êtres qui l'entourent... Avoir fait participer leurs enfants dans l'intégration de Reza dans leur foyer est l'une des plus belles leçons de vie qu'ils ont pu leur apprendre.. . Prendre soin de son prochain sans jamais rien en attendre en retour... Je n'irai pas forcément plus loin dans l'analyse d'une telle expérience de vie, cette dernière leur appartenant, bien qu'il soit très intéressant de l'avoir fait partager à un public lecteur et intéressé, surtout dans cette société parfois si nombriliste...
Merci aux Editions Calmann-Levy pour la découverte de ce récit très intéressant culturellement et sociologiquement parlant mais comme dirait une personne de mon entourage... ce récit serait avant tout une véritable réflexion d'ordre existentiel...
Note : 9/10