Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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vendredi 23 mars 2018

L'île des chasseurs d'oiseaux de Peter May




L'île des chasseurs d'oiseaux

Peter May

Édition Babel Noir

Traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue



Synopsis

Marqué par la perte récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d'une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n'est pas revenu depuis dix-huit ans.


Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d'y être découvert. Cependant, dès l'autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires.

Sur cette île tempétueuse du nord de l'Écosse, couverte de landes, où l'on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie.

Marsaili, son premier amour, vit aujourd'hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l'expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d'hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs.

Que s'est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd'hui ?

Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l'histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes l'auteur tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page.




Mon avis

Une atmosphère sombre et tempétueuse comme je les aime. Un roman chronophage, prenant et terriblement addictif.

Les derniers chapitres de ce thriller psychologique sont tout simplement renversants. Revirement de situation. On ne voit rien venir. C'est juste excellent !
L'auteur nous fait vivre un thriller assez complexe qui combine enquête, psychologie et nostalgie du passé. Les analepses sont nombreuses et les révélations du passé nous conduisent à comprendre les événements du présent. Cette alternance entre passé et présent donne d'ailleurs de l'allure au récit. L'auteur s'emploie à revenir sur les souvenirs des nombreux personnages. En fin de compte, l'enquête policière n'est qu'un paravent, une cabriole de la part de Peter May pour nous inciter en tant que lecteur curieux et misanthrope à plonger dans l'enfance du narrateur et à prendre part à la vie insulaire des habitants de l'île de Lewis.

Nous sommes en présence d'un cocktail de genres qui tend à donner une tonalité particulière au récit : roman d'atmosphère, roman noir - sans tomber dans l'excès – et roman policier.
J'ai particulièrement apprécié le début de ce récit débutant avec la présence du médecin légiste, le Professeur Wilson. Sacré personnage ! On pense plonger dans un roman très sombre, gore et sanglant, mais finalement l'histoire s'oriente vers un huit-clos familial où de nombreux secrets vont être percés à jour.

Livre captivant en raison de son cadre d'ambiance : l’île de Lewis au nord-ouest de l’Écosse.
Un appel au voyage avec un style maîtrisé. Une écriture diaphane et incisive. Livre que l'on pourrait même classer dans la catégorie de roman psychologique avec le passé intimiste de l'inspecteur Fin. Cet homme, cet enfant qu'il a été. Les souffrances d'une vie aussi rude que la lande écossaise elle-même soufflée par la violence des vents...

On pourrait se surprendre à espérer en lire la suite en intégrant le cadre spatio-temporel de l'auteur... Être projeté au beau milieu de cette île, en bonne compagnie... Utopie certes, mais l'être humain a toujours été un éternel rêveur... Je suis une visionnaire qui ne voit que par les mots et qui se surprend à convoiter la solitude de contrées sauvages et bucoliques tel que l'atmosphère présent dans ce roman... 

Des clins d’œil à qui de droit...

« Le monde Marsaili, c'est comme le temps. On le change pas. Et on ne le façonne pas. C'est lui qui nous façonne » L'île des chasseurs, Peter May

« Trois choses qui arrivent sans qu'on demande : la peur, l'amour et la jalousie »
Proverbe gaélique




Note : 10/10