Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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samedi 15 septembre 2018

Le douzième chapitre - Jérôme Loubry


Le douzième chapitre
Jérôme Loubry
Édition Calmann-Levy
360 pages

Synopsis

Été 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît.
30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. À l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les événements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire. 


Avis

C'est avec admiration que je découvre cet auteur, Jérôme Loubry. Un style brillant et intense.

Avec le Douzième chapitre, Jérôme Loubry confirme son entrée dans le club hermétique et nébuleux des grands auteurs de polars et de romans noirs.

L'auteur emmène ses lecteurs sur le littoral vendéen avec une plume mirifique et un canevas littéraire original et épatant mêlant passé et présent.

Grâce à une aisance protéiforme et une dextérité à jongler entre hier et aujourd'hui, l'auteur nous conduit avec une cadence soutenue, une tension et un suspense dignement mesuré, dans la quête de David pour tenter de déchiffrer son douzième chapitre.

Quand les spectres du passé resurgissent trente ans plus tard au travers d'un manuscrit énigmatique écrit par la main d'un auteur inconnu et tout aussi impénétrable, c'est comme si les vivants de l’au-delà venaient à communiquer avec les vivants d'ici-bas. Ce douzième chapitre exhume les souvenirs douloureux et les secrets d'un passé trouble.

Dans ce roman vous aimerez non seulement le côté sombre de tout roman noir mais vous serez également étonné de ressentir autant de tendresse et de bonté entre les différents personnages.

L'auteur sème tout au long de ses écrits de nombreux indices jusqu'à en conserver le suspense jusqu'à la fin. La chute finale vous étonnera sans doute tout autant que moi ! L'intrigue est maintenue jusqu'au dénouement final ! Chapeau bas Monsieur Loubry !

Excellent roman, excellent auteur ! Un roman et un auteur à découvrir !

Merci encore aux éditions Calmann-Levy pour cette divine découverte.

Note : 10/10



dimanche 12 août 2018

Le Prince à la petite tasse - Emilie de Turckheim

Le Prince à la petite tasse
Emilie de Turckheim
Editions Calmann-Levy
216 pages
Synopsis
Un jour, j’ai dit : « Ils sont des milliers à dormir dehors. Quelqu’un pourrait habiter chez nous, peut-être ? » Et Fabrice a dit : « Oui, il faudra juste acheter un lit. » Et notre fils Marius a dit : « Faudra apprendre sa langue avant qu’il arrive. » Et son petit frère Noé a ajouté : « Faudra surtout lui apprendre à jouer aux cartes, parce qu’on adore jouer aux cartes, nous ! »
Pendant neuf mois, Émilie, Fabrice et leurs deux enfants ont accueilli dans leur appartement parisien Reza, un jeune Afghan qui a fui son pays en guerre à l’âge de douze ans. Ce journal lumineux retrace la formidable aventure de ces mois passés à se découvrir et à retrouver ce qu’on avait égaré en chemin : l’espoir et la fraternité.
Avis
D'Afghganhistan en France...
Reza, jeune réfugié afghan est accueilli par Emilie de Turchkeim et l'ensemble de sa famille dans leur petit logement du Vème arrondissement de Paris. L'auteur de ce récit nous dévoile, nous décrit et nous fait partager ses plusieurs mois passés en compagnie de Reza.
Beaucoup de choses m'ont interpellé dans ce récit : un altruisme omniprésent de la part de tous les membres de cette famille, la chance d'avoir eu un réfugié afghan avec une empreinte religieuse accessible qui a sans doute et sans conteste facilité l'intégration de Reza dans cette famille d'accueil, les difficultés à communiquer, les codes culturels français qui restent parfois difficiles pour Reza à être déchiffrés...
Si pour les personnes accueillantes comme l'auteur et sa famille trouvent cette expérience certainement très enrichissante et très humaine, j'ai quand même eu le sentiment que pour les personnes réfugiées comme Reza, leur seul objectif est de trouver un toit, un lit et des outils pour se donner la force de rebondir. Reza a l'air certes très gentil et assez facile à vivre, mais l'attachement que lui porte cette famille et la manière qu'ils ont eu d'intégrer Reza de manière un peu trop personnelle à mon goût, ne les mèneront-ils pas un jour vers un chemin de déception ?...
Leur démarche est malgré tout courageuse car peu de personne serait capable de faire entrer chez eux un inconnu fuyant son pays détruit par les bombes. Ouvrir et offrir sa maison requiert aussi une certaine diplomatie... Reza n'est pas toujours évident à cerner... Son régime alimentaire est assez déconcertant pour la narratrice qui nous explique qu'il lui faut une quantité astronomique d'huile par jour dans ses repas ; que l'argent qu'il gagne à son travail, il le dépense pour acheter des tentes, des téléphones portables ou encore de la nourriture pour les autres réfugiés restés dehors, ceux qui n'ont pas eu comme lui la chance de trouver une famille d'accueil.. L'auteur n'esquive pas les contraintes rencontrées et n'hésite pas à s'interroger sur elle-même afin de relativiser chaque jour sur sa propre existence... Parce que ce réfugié est très jeune, Emilie de Turchkeim se laisse parfois envahir par son statut de mère protectrice et elle reste sans conteste une femme émotive qui ne veut voir que la bonté des êtres qui l'entourent... Avoir fait participer leurs enfants dans l'intégration de Reza dans leur foyer est l'une des plus belles leçons de vie qu'ils ont pu leur apprendre.. . Prendre soin de son prochain sans jamais rien en attendre en retour... Je n'irai pas forcément plus loin dans l'analyse d'une telle expérience de vie, cette dernière leur appartenant, bien qu'il soit très intéressant de l'avoir fait partager à un public lecteur et intéressé, surtout dans cette société parfois si nombriliste...
Merci aux Editions Calmann-Levy pour la découverte de ce récit très intéressant culturellement et sociologiquement parlant mais comme dirait une personne de mon entourage... ce récit serait avant tout une véritable réflexion d'ordre existentiel...
Note : 9/10

samedi 14 juillet 2018

La fille du Ciel - Calmann-Levy


La fille du ciel
Karen Hamiton
Editions Calmann-Levy
Collection : Noir
380 pages


Synopsis

Juliette et Nate sont faits l’un pour l’autre. Il est pilote de ligne, elle est devenue hôtesse de l’air dans la même compagnie… mais il l’ignore encore.
Nate a rompu avec elle six mois plus tôt, mais ce n’est qu’un détail pour Juliette.
Choisir les mêmes vols que lui et l’espionner aux quatre coins du monde, surveiller son téléphone à distance, s’inventer une nouvelle identité : Juliette ne recule devant rien pour atteindre son but, car elle a un plan pour récupérer Nate, et elle ne laissera personne se mettre en travers de son  chemin.
Juliette le sait, le grand amour se mérite, il fait souffrir, mais il vaut toute la douleur du monde. Et des autres.

Un thriller psychologique glaçant et oppressant, une évocation de l’obsession sans entraves qui transforme en un instant l’amour absolu en haine pure.

Avis



La psychopathe de l'amour entre en action. Quand la folie de l'être aimé devient obsession et poison.
Dans ce roman nous faisons la connaissance de Juliette qui depuis plus de 7 mois s'avère être séparée de son petit ami Nate. Mais malgré cette séparation, on comprends vite que la jolie Juliette s'est embrigadée dans une sorte de tumulte obsessionnel autour de son ex et de son environnement. 

Ce roman, dont le style manque malheureusement de finesse et de profondeur pour être réellement magnétique, et c'est d'ailleurs fort dommageable, n'en reste pas moins un très bon représentant de ce que peut devenir l'obsession maladive pour une personne.

Juliette s'est construite une sorte de mur autour de son ancienne relation. Son but est de contrôler la vie de Nate de manière à le ramener à elle. Personnage doublé de perfidie et d'un état anxiogène, elle se révèle être une incroyable manipulatrice diabolique, une calculatrice hors-pair. Elle ne reculera devant rien...

L'histoire est intéressante, le caractère complexe et perturbé du personnage principal l'est aussi, toutefois le style de l'auteur manque incontestablement de poignant, de surprise et personnellement j'aurai fait en sorte de donner beaucoup de caractère au personnage de Nate qui ici reste très passif ce qui rajoute un côté végétatif au roman. Le lecteur s’attend à une sorte de revirements, mais finalement le roman prend fin, et l'on reste regrettablement sur notre fin...

Je remercie les Editions Calmann-Levy pour cette découverte livresque. Un bon roman malgré tout pour une lecture estivale sans prise de tête allongée sur une plage.



Note : 7/10

dimanche 13 mai 2018

Le fruit de ma colère - Medhy Brunet


Le fruit de ma colère
Medhy Brunet

Editions Taurnada

225 pages


Synopsis

Le jour où Ackerman vient demander de l'aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé.

Il faut faire vite, agir rapidement.

Josey n'hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre. 
Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages. 
Et s'il était déjà trop tard?



Avis

Le fruit de ma colère, c'est la suite des aventures de Josey Kowalsky, le personnage principal de Sans raison.

L'avantage d'un tel roman, c'est que l'on y retrouve seulement le ou les protagonistes du premier opus et qu'il est donc possible de découvrir ce dernier sans en avoir lu le précédent.

Ce roman est un thriller noir, très noir voire Les chapitres y sont très courts. L'auteur alterne l'histoire de chacun des jumeaux. Les débuts de lecture peuvent parfois s'avérer en être déroutés. Toutefois, cette cadence donne au récit un rythme rapide, ardent, brutal et nerveux. Toutes les composantes se retrouvent réunis pour faire de ce genre de roman un très bon polar glauque, sombre et noir.

Medhy Brunet a le sens du rythme et un style personnel qui nous embarque inconsciemment en tant que lecteur dans cet univers psychologique et machiavélique au point que l'on se sent parfois mal à l'aise de lire les sévices et les tortures que subissent les personnages dans ces affreux cachots. Malgré tout cette tension, nous sommes fascinés. Fascinés par cette allure qui nous propulse dans les profondeurs perverses de l'être humain.

Beaucoup de sujets dérangeants sont abordés dans ce roman mais malgré les pratiques plutôt contestables et la bestialité des personnages, j'adore ces écorchés vifs, ces accidentés, ces personnalités martelés par la vie n'ayant plus rien à perdre si ce n'est qu'à survivre en composant avec leur instinct primaire.

L'auteur ne s’attarde pas sur la descriptions des lieux, mais il nous embarque dans un premier temps pour Paris, nous passons ensuite en Bretagne pour terminer en Irlande.

Pour finir, il vous faut avoir au moins lu un livre de Medhy Brunet. Pour les fans du genre polar bien noir, cet auteur sera indéniablement fait pour vous !

Merci à l'équipe Livraddict pour ce partenariat et aux Editions Taurnada.

Note : 9/10


samedi 28 avril 2018

L'aile des vierges - Laurence Peyrin


L'aile des vierges
Laurence Peyrin

468 pages
Parution : 28 mars 2018

Editions Calmann-Levy


Synopsis

Doit-on trahir ses convictions et ses rêves pour un peu de bonheur ?
Un extraordinaire portrait de femme libre.


Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le coeur lourd. Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté.


Avis

Dès les premiers chapitres entamés, j'ai cru plonger dans le décor de la série britannique Downton Abbey. C'est le genre de livre qui, lorsque vous le refermez, vous avez le sentiment d'avoir vécu quelque chose de magnétique avec les personnages.

Merci Laurence Peyrin pour cette histoire déchirante et palpitante. Merci aux Editions Calmann-Levy pour m'offrir du rêve avec ces incroyables découvertes littéraires. Jusqu'à présent seuls les romans d'amour de Nicholas Sparks arrivaient à me bouleverser, aujourd'hui Laurence Peyrin a rejoint définitivement mes auteurs favoris en matière de littératures romantiques et passionnées. Le style est puissant et profond.

Un roman sur un fonds d'après-guerre où l'on assiste à un amour interdit mais incroyablement brûlant entre Maggie, domestique dans le somptueux manoir du Kent au service des très riches Lyon-Thorpe, et Sir John Lyon-Thorpe qui n'est autre que son employeur.

Ce récit n'est pas qu'un roman d'amour, c'est aussi un roman choral et historique qui mets en avant les conditions de la femme et le début du mouvement des Suffragettes. Maggie est une citoyenne qui malgré son statut de servante et de femme, ose s'affirmer dans son besoin de reconnaissance sociale et dans celui du droit des femmes. Un personnage fort, combatif et déterminé qui cache également un humour caustique et une bonté d'âme notamment avec Papy Thorne.

Un roman et un couple qui m'a fait vibrer et pleurer. Le style de l'auteur m'a troublé. L'aile des vierges vous donne rendez-vous avec l’émotion, l'espoir, l'amour, les sacrifices mais aussi l'humour, le plaisir et les délices de la passion entre deux êtres et enfin la magie de l'écriture de Laurence Peyrin.

Note : 10/10

vendredi 23 mars 2018

L'île des chasseurs d'oiseaux de Peter May




L'île des chasseurs d'oiseaux

Peter May

Édition Babel Noir

Traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue



Synopsis

Marqué par la perte récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d'une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n'est pas revenu depuis dix-huit ans.


Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d'y être découvert. Cependant, dès l'autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires.

Sur cette île tempétueuse du nord de l'Écosse, couverte de landes, où l'on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie.

Marsaili, son premier amour, vit aujourd'hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l'expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d'hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs.

Que s'est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd'hui ?

Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l'histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes l'auteur tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page.




Mon avis

Une atmosphère sombre et tempétueuse comme je les aime. Un roman chronophage, prenant et terriblement addictif.

Les derniers chapitres de ce thriller psychologique sont tout simplement renversants. Revirement de situation. On ne voit rien venir. C'est juste excellent !
L'auteur nous fait vivre un thriller assez complexe qui combine enquête, psychologie et nostalgie du passé. Les analepses sont nombreuses et les révélations du passé nous conduisent à comprendre les événements du présent. Cette alternance entre passé et présent donne d'ailleurs de l'allure au récit. L'auteur s'emploie à revenir sur les souvenirs des nombreux personnages. En fin de compte, l'enquête policière n'est qu'un paravent, une cabriole de la part de Peter May pour nous inciter en tant que lecteur curieux et misanthrope à plonger dans l'enfance du narrateur et à prendre part à la vie insulaire des habitants de l'île de Lewis.

Nous sommes en présence d'un cocktail de genres qui tend à donner une tonalité particulière au récit : roman d'atmosphère, roman noir - sans tomber dans l'excès – et roman policier.
J'ai particulièrement apprécié le début de ce récit débutant avec la présence du médecin légiste, le Professeur Wilson. Sacré personnage ! On pense plonger dans un roman très sombre, gore et sanglant, mais finalement l'histoire s'oriente vers un huit-clos familial où de nombreux secrets vont être percés à jour.

Livre captivant en raison de son cadre d'ambiance : l’île de Lewis au nord-ouest de l’Écosse.
Un appel au voyage avec un style maîtrisé. Une écriture diaphane et incisive. Livre que l'on pourrait même classer dans la catégorie de roman psychologique avec le passé intimiste de l'inspecteur Fin. Cet homme, cet enfant qu'il a été. Les souffrances d'une vie aussi rude que la lande écossaise elle-même soufflée par la violence des vents...

On pourrait se surprendre à espérer en lire la suite en intégrant le cadre spatio-temporel de l'auteur... Être projeté au beau milieu de cette île, en bonne compagnie... Utopie certes, mais l'être humain a toujours été un éternel rêveur... Je suis une visionnaire qui ne voit que par les mots et qui se surprend à convoiter la solitude de contrées sauvages et bucoliques tel que l'atmosphère présent dans ce roman... 

Des clins d’œil à qui de droit...

« Le monde Marsaili, c'est comme le temps. On le change pas. Et on ne le façonne pas. C'est lui qui nous façonne » L'île des chasseurs, Peter May

« Trois choses qui arrivent sans qu'on demande : la peur, l'amour et la jalousie »
Proverbe gaélique




Note : 10/10

mercredi 28 février 2018

La Chambre des Merveilles de Julien Sandrel

La chambre des merveilles

Julien Sandrel
Editions Calmann-Levy

272 pages

Parution : 07/03/2018

Synopsis
Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.
Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

Avis
Vous connaissez la symbolique du phénix? Cet oiseau qui renaît de ses cendres... Avec La chambre des merveilles, j'aurai tendance à utiliser cette métaphore pour qualifier le roman de Julien Sandrel ... Renaître pour les uns et apprendre de ses erreurs tout en évitant de les reproduire pour les autres.
Ce livre qui se voudrait très triste (oui il l'est malgré tout) s'avère être in fine un pur moment d'amusement livresque. Alors certes on s'amuse, mais attention, on est aussi amené à pleurer avec ce roman, car si l'auteur badine avec le petit Louis, il s'octroie tout de même des pauses chargées d'émotions. Il est à l'image d'un petit bonbon acidulé : un équilibre parfait entre sucre et acidité.
Lire ce roman en étant maman, ce n'est certes pas l'idéal. On aurait tendance à transposer nos propres peurs en lisant un tel livre. Mais l'auteur ne fait pas dans le mélo-dramatique et son style est rafraîchissant, rapide et gourmand. On ne se lasse pas. Les réflexions internes du petit Louis sont rigolotes et surprenantes (poker face). J'ai adoré le style de ce gamin.
Je loue le courage de cette mère Thelma prête à tout pour son fils. Il y a de belles leçons de vie dans cette histoire, même si pour ma part je ne suis pas certaine qu'il soit possible de réaliser autant de choses pour tout le monde. Si l'on devait transposer cette fiction en une réalité, car certains parents se retrouvent malheureusement dans de telles situations, devant un tel désemparement, il est vrai que l'on serait près à déplacer des montagnes pour notre progéniture. Albert Einstein le disait « Seuls ceux qui tentent l’absurde peuvent réaliser l'impossible »
Je conseille la lecture de ce livre. Vraiment. C'est une merveille, à l'image de son titre.
Encore une fois, un grand merci aux Editions Calmann-Levy.

Note : 10/10


Vous pouvez me retrouver sur les sites :


Babelio https://www.babelio.com/livres/Sandrel-La-chambre-des-merveilles/1024283/critiques/1554718


Livraddict https://www.livraddict.com/profil/mapassionlitteraire/




mercredi 14 février 2018

Fantazmë de Niko Tackian


Fantazmë

Niko Tackian

Parution 03/01/2018

Editions Calmann-Levy Noir

Thème : Roman policier

Synopsis

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.

Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

Tomar et son équipe se lancent dans l’enquête et seront très vite troublés par le parcours des victimes, qui de leur vivant cultivaient carrément le sordide. Pourtant Tomar s’accroche à son devoir de flic, d’autant plus que son avenir lui semble menacé : un lieutenant teigneux de l’IGPN, la police des polices, a convoqué son adjointe, Rhonda, pour l’interroger sur un couteau, une pièce à conviction dans une affaire de meurtre mystérieusement disparue des Archives. Or, ce couteau, c’est celui de Tomar, et si on remonte jusqu’à lui…


Avis

Première lecture de Niko Tackian pour moi avec ce second opus, Fantazmë (« Spectre » en albanais). Je n’ai malheureusement pas eu la chance de lire Toxique, premier roman de l’auteur, mais si l’on s’en tient à la compréhension de ce polar dynamique, vous n’aurez nul besoin de cette première approche. Le style est simple et l’enquête du commandant Tomar Khan, du 36 Quai des Orfèvres, en apparence très classique se révèle finalement être une intrigue profonde mêlant des personnages touchants et ancrée dans une actualité déplorable en terme de respect des droits et des libertés fondamentales au regard des migrants et des réfugiés. Ce polar est très bon dans le sens où il fait appel à une conjoncture des plus concrètes. L’auteur donne un rythme soutenu à son roman. La réalité du monde dans lequel nous vivons, Nicko Tackian nous la fait ressentir dans son écriture et tente d’heurter au passage son lectorat avec les laissés pour compte, ceux qui vont être la proie des proxénètes, des trafiquants en tout genre et exploités comme main d’œuvre bon marché pour enrichir les réseaux mafieux…

On plonge dans les méandres de la Mafia albanaise qui sévit à Paris et dans ses proches banlieues avec des revirements étonnants…les oppresseurs deviennent les opprimés et les opprimés deviennent les oppresseurs… Finalement fiction et réalité se rejoignent de par l’omniprésence de cette actualité qui, malgré la forte propension à l’individualisme qui règne dans nos sociétés, heurte incontestablement notre sensibilité.

A côté de cela, nous avons affaire à un commandant, Tomar Khan dont la psychologie troublante laisse présager qu’un passé obscur et difficile le hante, l’obligeant à canaliser une sorte de violence par la pratique du sport, mais qui ne lâche rien pour autant.

Avec une dynamique de style plutôt pertinente et une atmosphère oppressante, poignante et un rythme effréné, Niko Tackian peut résolument se faire une petite place parmi les meilleurs auteurs de polars français. Avec des chapitres que j’espère un tout petit peu plus longs sur ces prochains opus, je suis désormais pressée de découvrir à nouveau la plume de Niko Tackian.

Un grand merci aux Editions Calmann-Levy pour leur confiance et cette belle découverte!

Note : 9/10

https://www.babelio.com/livres/Tackian-Fantazm/1010553/critiques/1554736

https://www.livraddict.com/profil/mapassionlitteraire/

samedi 6 janvier 2018

Millenium Tome 1 et 2 - Stieg Larsson

Millenium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes


Millenium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette


Stieg Larsson


Editions Actes Sud

Synopsis

Tome 1 :

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans.

Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. 

Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. 
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.


Tome 2 : 

Tandis que Lisbeth Salander coule des jours supposés tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkwist, réhabilité, plus célèbre et pugnace que jamais, s'apprête à publier dans Millénium un dossier aux allures de brûlot sur un trafic de prostituées des pays de l'Est impliquant des personnes haut placées. A son grand désarroi, Mikael n'a plus de nouvelles de Lisbeth depuis des mois, mais il la voit une nuit dans les rues de Stockholm échapper de justesse à une agression.

Quand les deux journalistes qui enquêtaient pour Millénium sont assassinés, Lisbeth, suspectée, se retrouve traquée par la police et les médias. Mikael sait ce qu'il lui doit, et compte bien payer sa dette.

Mêlant femmes violentées, crapules avides et sombres salopards l'intrigue trépidante de ce deuxième volet permet enfin d'éclairer le passé de l'une des héroïnes les plus originales et les plus fascinantes de l'histoire du polar, la cultissime Lisbeth. 

Avis

Les objets ont parfois une fonction symbolique et mémorielle. Aujourd'hui, ce sont ces deux premiers tomes qui s'avèrent l'être pour moi. Symbolique dans le sens où cette trilogie m'a été conseillée par une âme philanthrope, protagoniste de confiance. Merci ! Quelle belle découverte !!
Et mémorielle, parce qu'il y a des livres qui nous fascinent de part le caractère de certains personnages...Bien évidemment, je fais allusion à Lisbeth Salander ... Petit bout de femme asociale et charismatique... Tout ce que j'adore ! Quelqu'un aurait le numéro de Lisbeth Salander ?, je veux bien aller me heurter à sa noirceur... Nous devrions bien nous entendre...

Sérieusement, ces deux premiers tomes sont fascinants, bien ficelés et addictifs. J'aime être transportée quand je lis. J'ai été gâtée. Je me garde le dernier tome de Stieg Larsson bien au chaud. Paul Sweeney le disait « Vous savez que vous avez lu un bon livre lorsque quand vous tournez la dernière page vous avez la sensation que vous venez de perdre un ami »...
Cette série polar est pourtant un véritable pavé pour chacun de ses 3 tomes, mais ils restent toujours trop courts pour moi.

Les personnages principaux de Mickael et Lisbeth ont été fabuleusement bien construits par l'auteur. Ils sont attachants et leur vie, leurs démélés nous fascinent et ils finissent par nous embarquer avec eux dans leurs périples. L'univers est sombre et froid. Oui, nous sommes en Suède après tout. Un verre d'Aquavit pour vous réchauffer ?

Héros et anti-héros atypiques, thriller bien différent de ce que l'on connaît avec les polars américains... Nous sommes peut être en présence de personnages atypiques, mais au moins nous pouvons profiter d'un thriller réaliste dans un décor de poudreuse et de glace...
Une atmosphère complémentaire dans cette dualité : une saga sombre et tumultueuse dans un cadre blanc, calme et serein...

Les personnages secondaires tiennent une place très importantes et aucun n'a été bâclés ou réduits à une présence inutile.
J'avoue malgré tout que la teneur de ce récit nous tient en haleine grâce à la présence charismatique du personnage de Lisbeth. On rentre réellement dans l'histoire de Stieg Larsson quand la présence de cette nana surgit. Sans elle, le roman n'aurait pas la même teneur, ni la même saveur et serait invariablement plat. Femme complexe, mystérieuse, asociale, chétive sans être anorexique, brillante contrairement aux apparences et traînant un passé « merdique ». Fine psychologue, mémoire photographique ahurissante (on lui soupçonne même d'être atteinte d'un syndrome d' «  aspi »), fine analyste... Les scènes de violence et d'abus que subit cette fille sont parfois dures et difficiles à encaisser... Mais elle ramasse pour mieux riposter...

Mickaël Blomkvist, journaliste, est l'amant de toutes les femmes. Parce que ce type ne leur apparaît sans doute pas bien compliqué, elles terminent toutes dans son lit et lui ne s'interdit jamais de coucher aussi bien avec les femmes mûres qu'avec la pubère post-adolescente rachitique à l'image de la sombre anorexique... Toutes les femmes sont bonnes à satisfaire. 
Moi, je comprends pourquoi il « kiffe » tant cette fille, Lisbeth Salander.... Les opposés s'attirent... Lui est hyper sociable, elle, est carrément aux antipodes.. Mais, un détail les réuni, ils ont l'esprit aussi torturé l'un comme l'autre et ils sont tous les deux animés par la hargne d'aller jusqu'au bout de leur investigation. Ce sont des acharnés et ils ne sont efficaces que dans la difficulté voire l'adversité.

En ce qui concerne les intrigues de ces deux tomes, j'ai une préférence pour celle du premier. Possible que la découverte en soit la raison...

Je terminerai enfin cette longue chronique sur ce paragraphe : 
« Elle rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. Elle le voyait imbibé d’essence. Elle pouvait sentir physiquement la boîte d’allumettes dans sa main. Elle la secouait. Ça faisait du bruit. Elle ouvrait la boîte et choisissait une allumette. Elle l’entendait dire quelque chose mais fermait ses oreilles et n’écoutait pas les mots. Elle voyait l’expression de son visage lorsqu’elle passait l’allumette sur le grattoir. Elle entendait le raclement du soufre contre le grattoir. On aurait dit un coup de tonnerre qui dure. Elle voyait le bout s’enflammer.
Elle esquissa un sourire totalement dépourvu de joie et se blinda.
C’était la nuit de ses treize ans. »

Les découvertes du genre, j'adore...!!!

Note : 10/10