Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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samedi 7 octobre 2017

Un appartement à Paris - Guillaume Musso


Un appartement à Paris

Guillaume Musso

Editions XO



Synopsis

« L’art est un mensonge qui dit la vérité… »
Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.
Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler.
À la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.
L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.
Guillaume Musso signe un thriller addictif et envoûtant porté par des personnages profondément humains. Une plongée vertigineuse dans le monde mystérieux de la création.


Mon avis

En principe, la maturité d'un auteur lui permet d'affiner son style, sa plume, ses ambitions en tant qu'écrivain. D'ailleurs, quand on lit les premiers romans de Guillaume Musso, on est assez étonné d'apprendre son âge,... à peine trente ans...

Je suis donc partie optimiste en commençant la lecture d'Un appartement à Paris. J'ai laissé un peu de côté cet auteur pour me consacrer à d'autres durant plusieurs mois... Finalement, il est fort probable que le fait d'avoir changer de registres m'a ouvert d'autres horizons et/ou ma maturité en tant que lectrice me rend aujourd'hui un peu critique au regard de ce type de romans.

La première partie d'Un appartement à Paris est somme toute très honorable, mais la suite a été pour moi d'un ennui assez pesant. Certains chapitres traînent en longueur et ne sont que superflus . On assiste à une fin précipitée, un peu trop fantasque pour un roman du genre.
Les rappels à l'art sont parfois lourds. Les personnages sont toujours aussi cabossés que dans ses précédents romans. Certes, heureusement, cela donne un peu de volume à l'histoire. Les dialogues sont parfois percutants.
Si son roman commence sur une base à priori romantique, finalement il se termine en un genre « polar ». D'accord, pourquoi pas...

Je trouve que G. Musso est devenu un très bon conteur d'histoires mais pas forcément un très bon auteur.
Plutôt déçue dans l'avancé de sa carrière d'auteur. J'aurai espéré une expansion en matière de style, mais rien. Nada.
Après, on sent qu'il y a un travail immense de recherche derrière chacun de ses romans, mais parfois il est préférable de choisir qualité à quantité.

Les fans de G. Musso m'en voudront certainement, mais après tout, il faut de la lecture et des univers pour tout le monde...

Note : 5/10

mercredi 4 octobre 2017

Les plus belles récompenses que l'on peut recevoir d'un auteur...







L'Inde de l'étrange "R" de Mahlya de Saint-Ange (déjà publiée en 2015)




L'Inde de l'étrange "R" 
Mahlya de Saint-Ange

180 pages

Editions Mélibée


Résumé 

Quatrième de couverture

La vie nous fait croire en nos ombres et lumières. Nous savons longtemps, avec assurance, qui nous sommes. Et puis… un événement roule lourdement sur notre quotidien. On se retourne, on brave le présent, on revendique haut et fort nos certitudes. Notre vécu doit nous donner raison et nous permettre d’envisager lucidement tous nos chemins. On détient une vérité, celle de nos habitudes, de notre religion, celle de notre éducation, de notre pays. Un grain de sable pourtant nous arrête. On crie, on s’érige, mais on sait. Pourquoi donc est-il soudain plus difficile d’avancer, toujours avec arrogance, en grandes enjambées, sur l’inattendu ? On traverse une période de recyclage mais on réfute le nouveau moi et puis…

Le pardon est-il difficile ? Qu’est-ce qui le rend possible ? Pardonner, est-ce oublier, effacer un peu une plaie, cicatriser par un sourire humoristique, se dire qu’il y a déjà tant et trop de guerres pour encore en fomenter une nouvelle, personnelle ? Pardonner, est-ce s’attacher à d’autres voies, se surcharger de bénévolat, ou changer en profondeur, en délicatesse, sans rêver d’un monde meilleur ?

« La meilleure façon de ne pas avancer, c’est de suivre une idée fixe.» (Jacques Prévert)

« Partir de ce qu’on croit savoir, et tirer sur le fil en souhaitant qu’il se brise.» (Jean Rostand)

« Faire état des défauts d’autrui est déplorable, y penser est perturbateur, en parler est dévastateur. Aussi, n’énoncez rien, afin qu’ils disparaissent dans le vide.» (Dromtonpa Tibet 1005-1061)

« Quand il me vient de larmoyer à la suite d'une infamie, je pardonne au monde et je m'excuse de m'y être exposé.» (Soumaïla)


Mon avis


Grace aux Editions Mélibée, c'est le second roman de Mahlya de Saint-Ange que j'ai été amenée à lire.

Je retrouve le style même de Mahlya dans ces pages avec un livre fort et un voyage qui nous embarque dans une Inde où règne une infinité de paradoxes aussi bien visuels qu'intellectuels. Au travers du personnage principal Dominique, nous sommes en partance pour une longue expédition en quête d'une demi-sœur cachée et introuvable.

Durant son périple, nous découvrons un paysage où se côtoie beauté et laideur, richesse et pauvreté et où les subtils mélanges de parfum d'épices se confondent aux odeurs pestilentielles des rues.

Nous débarquons dans un autre monde où les animaux sont perçus comme des Dieux. C'est un véritable choc culturel pour Dominique. Tous ses repères se perdent mais bizarrement elle nous explique qu'il y règne malgré tout comme une sorte de plénitude.

Ce livre est surtout un voyage initiatique sur l'Inde tel que l'auteure tente de nous le faire découvrir.
Riche de sa diversité et de contrastes violents, nous découvrons aussi un pays où le poids des traditions est omniprésente et dicte les règles de la société indienne. 

Je me suis également permise de faire une photo en gros plan de la couverture de ce roman. Vous y voyez des poussins de toutes les couleurs. C'est une chose très répandue en Inde et cette photo marque toute l'ambivalence de ce pays où les animaux pourtant considérés comme sacrés sont manipulés et utilisés sans scrupules pour attirer les touristes en mal d'amusement.


A côté de cela, ce livre est aussi une ouverture sur la capacité en tant qu'être à pardonner.
J'aime beaucoup les récits de voyage qui me fascinent de part leurs destinations lointaines. Malgré le fait que ce livre reste avant tout un roman, je l'ai lu avec grand plaisir et je pense personnellement qu'il plaira encore plus aux lecteurs qui sont déjà allés en Inde et qui ont appréciés, ou au contraire, détestés tous les paradoxes de ce pays si étranger.

Note : 9/10

Si vous souhaitez vous procurez ce livre, le lien est le suivant : http://www.editions-melibee.com/catalogue/9782362525711-l-inde-de-l-etrange-r/

La plus belle récompense que l'on peut recevoir d'un auteur...


dimanche 19 mars 2017

Elle voulait juste marcher tout droit - Sarah Baruck - Editions Albin Michel

Elle voulait juste marcher tout droit
Sarah Baruck

Editions Albin Michel
432 pages
Parution : Février 2017


Synopsis

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.

C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.


Avis

Un nouveau coup de cœur avec le roman « Elle voulait juste marcher tout droit" de Sarah Baruck.

Sur un fond de seconde guerre mondiale, Sarah Baruck remonte le temps et décide de placer son récit sous le regard d'une enfant âgée de seulement 5 ans en début de roman. 
Un pari osé mais un pari gagné !

Tout commence dans la campagne de Salies-de-Béarn où la petite Alice vit avec Jeanne, sa nourrice.
La guerre fait rage mais la petite et la nourrice vivent plus ou moins éloignées de cette dure réalité. Malgré tout Alice s'interroge et ne comprends pas pourquoi il est nécessaire de faire profil bas.

Puis un jour, la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie marque enfin la fin de cette abominable guerre mais pour Alice c'est aussi le début d'une nouvelle vie. En effet, sa mère,Diane, cette femme qu'elle ne connaît pas et qui lui fait terriblement peur de part sa maigreur, débarque chez Jeanne et repart avec Alice pour Paris. Alice se sent arrachée des bras tendres et affectueux de Jeanne. Mais qui donc est cette femme froide, pâle, maigre, silencieuse et tatouée d'une suite de chiffre sur son avant-bras ?

Sa mère est distante et ne lui donne aucune marque d’affection. Alice qui espérait depuis toujours connaître la femme qui l'avait mise au monde, la vie à Paris ne va pas être si facile. Elle fait tout de même des rencontres agréables notamment celle de Jean-Joseph, le petit voisin juif et Marcel, qui chaque jour,va consulter les «listes»

Du printemps 43 à l'été 47, nous suivons cette guerre et cette après-guerre sous le regard de cette gamine et son contingent de soucis qu'elle va devoir affronter. Entre climat d'angoisse et tendres moments avec notamment le rapprochement avec son oncle Vadim dont elle fera la connaissance en étant envoyée à New York rejoindre son soit-disant père, l'auteur nous offre un roman émouvant et pleins de rebondissements ponctués par les nombreuses questions que se posent Alice sur ses origines, sa mère, son père, son oncle Vadim et sur cette guerre en général.

Un tout petit bémol sur la dernière partie du roman où je trouve les capacités de la jeune femme un peu trop improbables à mon sens sur son potentiel à soulever de lourdes charges à seulement à peine 10 ans. Cependant cet aspect n'a absolument pas entaché ma vision globale du roman.

Un très bon moment de lecture !


Merci encore aux Editions Albin Michel pour cette belle rencontre.

Note : 10/10

dimanche 12 mars 2017

Profil bas de Liz Nugent - Editions Denoël

Profil bas
Liz Nugent

Editions Denoël
400 pages
Thriller psychologique

Trad. de l'anglais (Irlande) par Pierre Ménard








Synopsis

«Mon mari n’avait pas l’intention de tuer Annie Doyle, mais cette petite menteuse l’avait bien cherché.» 



Lydia vit dans une superbe demeure dublinoise avec son mari, le très respectable juge Fitzsimons, et leur fils adolescent. Ils forment une famille unie et heureuse. Il manque juste un petit quelque chose pour que le bonheur de Lydia soit total… et ce petit quelque chose, elle est prête à tout pour l’obtenir. Même à tuer? 


Comme dans Oliver ou La fabrique d'un manipulateur (Denoël, 2015), Liz Nugent nous livre les pensées les plus sombres d’un être capable de causer la perte de tous ceux qu’elle aime sans éprouver le moindre remords.


Avis

Après mon précédent coup de cœur avec « Oliver ou la fabrique d'un manipulateur », Liz Nugent a de nouveau réussi à me surprendre avec ce nouveau roman « Profil Bas ».

Se heurter à l'écriture d'un éventuel résumé de l'histoire qui se « profile » dans « Profil bas » serait un peu présomptueux de ma part tant les rebondissements et les événements se multiplient. Le danger ici avec une telle lecture c'est de se risquer à trop en dire. Souhaitant conserver l'intrigue prenante de l'histoire, je préfère me concentrer sur le style et la plume de l'auteur toujours aussi vifs et croustillants. Disséquer au fur et à mesure le caractère des personnages soigneusement peaufinés par l'auteure est un véritablement délice pour le lecteur. Liz Nugent possède un véritable don de fine psychologue.

Le titre de ce roman révèle parfaitement l'atmosphère sombre et poignante de l'histoire qui se déroule autour de la disparition d'Annie. J'insiste sur les qualités remarquables de l'auteur. Liz Nugent possède une aptitude inouïe pour donner de la profondeur à ses personnages. Elle les connaît par cœur, de leurs plus sombres secrets, à leurs plus effroyables aveux. Tout est passé en revu. On s'attache facilement à Lawrence, cet anti-héros pragmatique malgré lui. Personnage un peu étrange au premier abord, attachant au second, mais qui entretient sans doute involontairement une apparence un peu troublante tout au long du récit. Comment Lawrence peut continuer à vivre avec de tels secrets enfouis ? Comment ne pas devenir complètement fou après une telle découverte ? La sagacité des personnages est en marche !

Ce roman est un très beau thriller psychologique. On embarque volontiers dans la tourmente du personnage principal. Parfois on s'énerve de ses prises de décisions et puis surtout on maudit cette satanée Lydia. Oh que oui ! Quel ignoble personnage cette Lydia, mais quelle belle résultante pour Liz Nugent. Avec de tels protagonistes et une intrigue aussi fallacieuse que celle-ci, on ne peut qu'être ravi d'avoir partager plusieurs heures avec l'esprit tourmenté des personnages de Liz Nugent !

Note : 10/10



lundi 30 janvier 2017

Les herbes folles de Philippe Fréling - Editions Denoël

Les herbes folles

Philippe Fréling

Editions Denoël

208 pages

Collection : roman français


Parution : 12-01-2017






Synopsis

Elle vit quelque part en province, dans la France des années 50, celle de la guerre d’Algérie. Elle connaît un premier homme, il lui fait un enfant. À cet homme on la marie. Il est absent, infidèle. Le divorce prononcé, la jeune femme laisse son enfant à sa mère, part travailler en ville. Ouvreuse dans un cinéma, un soir où on projette Johnny Guitar, elle fait la rencontre d’un deuxième homme. Il est militaire. Ils vont à l’hôtel, passent quelques nuits ensemble. Un matin, le militaire s’en va rejoindre son régiment en Algérie. Lui a-t-il fait un enfant? Elle le craint. Elle l’espère. Elle décide que oui. Très vite, elle en a la confirmation : elle porte un enfant de cet homme parti là-bas, faire la guerre. Il est le père de son enfant, il faut qu’il le soit. Il est son mari, il faut qu’il le devienne. Elle est prête à tout pour ça. Une question de vie ou de mort. D’amour peut-être. 


Voici l’histoire de cette femme et de ses deux enfants : comment avec elle ils viennent au monde ; comment, dans les herbes folles, ils viennent à la vie.


Avis
Avec pour toile de fond narrative la guerre d'Algérie, ce roman transpire de simplicité et de bons sentiments. Malgré la présence de protagonistes sans nom, déroutant ou non, ce récit m'a véritablement séduit de part ses qualités angéliques.

L'auteur Philippe Fréling s'intéresse principalement au message qu'il désire transmettre.
Avec un style feutré, simple et une tonalité qui se veut universelle, nous sommes témoin de la combativité d'une jeune femme qui rêve d'une vie meilleure, qui se cramponne à tout prix à l'idée que ce nouvel amant, militaire, parti au front en la laissant avec un ventre qui s'arrondit chaque jour, sera un jour son mari et le père de ses enfants.

Il ressort de ce récit beaucoup de candeur, de naïveté, de douceur mais surtout d'amour face aux difficultés du quotidien qui ne sont rien comparer à l'angoisse et à l'attente des jours et des mois qui défilent.

Cette guerre d'indépendance prendra-t-elle fin un jour ?
L’innocence de cette femme ne sera-t-elle pas mise à rude épreuve ?

Entre une demande de permission qui n'aboutira jamais, cet amant qui lui a avoué ses sentiments et qui lui a promis de se marier un jour avec elle et d’élever ensemble leurs enfants, ce roman marque tout simplement les difficultés liées à la naïveté d'une jeunesse qui s'affranchit et qui veut se libérer des idées conservatrices et de la peur, refusant tout simplement un destin tracé d'avance.

Les dernières pages de ce roman m'ont toutefois troublées. La symbolique m'a sans doute échappée ou n'ai-je tout simplement pas compris l'anagogie de l'auteur en cette fin de roman et où ce dernier souhaite nous conduire.

Un grand merci aux Editions Denoël pour cette nouvelle découverte.
Note : 8/10