Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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lundi 22 février 2016

Il reste la poussière de Sandrine Colette


Il reste la poussière
Sandrine Colette

Editions Denoël
Collection Sueurs Froides

Parution : 25 janvier 2016

302 pages






Quatrième de couverture

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux. 

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l'a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. 
Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?



L'auteur Sandrine Colette nous embarque dans les steppes ardentes de Patagonie où l'on y découvre 4 garçons et leur mère vivant dans une petite propriété miséreuse nommée l'Estancia.  Les quatre garçons participent, sous le despotisme de leur mère, à l'élevage des moutons et des bovins leurs assurant à peine l'essentiel pour survivre.

Dans les frères, on découvre les jumeaux Mauro et Joaquin, Steban considéré par la Mère et par ses frères jumeaux comme étant le plus débile de tous et enfin le dernier, Rafael, la bête noire et le souffre-douleur des aînés qui n'hésitent pas à frapper ou à maltraiter physiquement et moralement.  

La mère est détestable, dépourvue d'amour maternel , d'humanité envers sa progéniture et ne les considère uniquement comme des êtres pourvus de bras et seulement utiles à l'accomplissement du travail de la ferme. Les nourrir lui coûte cher et n'hésite pas à leur exprimer sa haine. Parfois elle aurait préféré les noyer à leur naissance comme les chatons que l'on ne désire pas garder.

Ce roman est pauvre en dialogue. La narration est uniquement présente de part les yeux du petit Rafael et de celle de la Mère. J'ai eu peur de ne pouvoir m'attacher aux personnages mais finalement cette histoire est tellement douloureuse, cruelle, violente et triste que j'ai pris pitié des deux plus jeunes garçonnets et je me suis fortement attachée au personnage principal, Rafael.

J'ai apprécié ce roman sous toutes ces formes. En admiration devant ce petit homme Rafael qui serait capable de tout pour sauver son troupeau, sa seule famille. Ses moutons sont les seuls à lui apporter le manque d'affection dont il a toujours manqué.

« Les seules caresses qu'il accepte sont celles des brebis, et il plonge ses mains dans les toisons épaisses pour les pousser vers l'enclos, entoure les cous dans une étreinte plus qu'une secousse s'il faut encourager les bêtes qui craignent la tonte tout le monde le sait, les cajole quand Mauro et Steban les relâchent étourdies. Pourtant l'odeur de la peau trop longtemps enfermée sous la laine l’écœure, douceâtre, nauséabonde, mais il ne se lasse pas de la chaleur des corps, de leur douceur humide qui reste sur ses paumes et que les brebis viennent lécher pour en goûter le sel. »

C'est avec beaucoup de considération que je recommande la lecture de ce sombre  roman.

Note : 9/10