Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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samedi 10 octobre 2015

Oliver ou la fabrique d'un manipulateur de Liz Nugent



Oliver ou la fabrique d'un manipulateur
Liz Nugent

Editions Denoël
Collection Suspense
256 pages

Traduit de l'anglais (Irlande) par Edith Soonckindt


Quatrième de couverture

Alice et Oliver Ryan sont l'image même du bonheur conjugal. Complices, amoureux, ils mènent la belle vie. Pourtant, un soir, Oliver agresse Alice avec une telle violence qu'il la plonge dans le coma. Alors que tout le monde cherche à comprendre les raisons de cet acte d'une brutalité sans nom, Oliver raconte son histoire. Tout comme les personnes qui ont croisé sa route au cours des cinquante dernières années. Le portrait qui se dessine est stupéfiant. Derrière la façade du mari parfait se cache un tout autre homme. Et lorsque le passé resurgit, personne n'est à l'abri, pas même Oliver. Nouveau génie du suspense psychologique, Liz Nugent dissèque la fabrication fascinante d'un monstre, du mal à l'état pur. Un roman dans la pure tradition de Patricia Highsmith, qu'on ne lâche pas jusqu'à la toute dernière page.


Un grand merci aux Editions Denoël pour la découverte de ce roman d'analyse psychologique.

Dans Oliver ou la fabrique d'un manipulateur, nous faisons connaissance avec le personnage principal, Oliver. L'histoire commence par un fait tragique. Un soir, Oliver frappe sa femme Alice avec une telle brutalité qu'elle se retrouve plongée dans le coma.  Pourquoi a-t-il commis un tel acte?
Ce roman s'articule par un procédé narratif plutôt original avec le point de vue des nombreuses personnes qui ont été amenées à fréquenter de près ou de loin Oliver et Alice. L'auteur alterne donc la vision des différents acteurs ayant croisé la route d'Oliver et permet ainsi au récit d'avancer à la manière de chapitres.

Il est à noter que ce roman ne possède aucun dialogue et on pourrait d'ailleurs s'attendre à quelque chose de très contemplatif mais c'est tout le contraire. Ici, à l'instar d'un précédent roman lu sans dialogue et m'ayant apparu comme soporifique, ici, la narration et le point de vue de l'ensemble des intervenants est tellement bien maîtrisé que nous sommes comme projetés dans leur époque. La dynamique est présente et l'auteur arrive à nous captiver avec brio.

En tant que lecteur, nous passons par différentes phases d'émotions : colère et compassion. Autant il est difficilement concevable d'accepter la violence conjugale quelque soit le passé traumatique lié à l'enfance, mais il est tout aussi difficile d'accepter qu'un enfant puisse être à ce point rejeté par un père qu'il n'aura finalement jamais eu l'occasion de connaitre. Difficile de rester de marbre, d'où l'ambivalence des sentiments ressentie à la lecture de ce livre.

En attendant, un grand bravo à l'auteur qui a su de manière remarquable mettre en exergue le caractère DU personnage en utilisant un procédé narratif qui peut être très risqué s'il est mal maîtrisé, mais ici, c'est bien tout le contraire, nous sommes fascinés et conquis jusqu'à la dernière page.

Personnellement, je trouve que la couverture du roman, très jolie, mais d'aspect moderne, n'est pas forcément en adéquation avec l'époque où se déroule l'ensemble des faits, mais ce n'est pas véritablement une critique en soi. Le côté sombre du personnage y ait parfaitement bien représenté, reste pour moi un sentiment de contemporanéité que je n'arrive pas à intégrer avec l'époque des faits.   

Note : 9/10

Pour se procurer Oliver ou la fabrique d'un manipulateur, c'est par ici :