Petite présentation (par Cécile V.)

Petite présentation By Cécile V.

Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Verba volant. Scripta manent.

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samedi 29 novembre 2014

Bruce, Brenda et David, l'histoire du garçon que l'on transforma en fille de John Colapinto


Bruce, Brenda et David, l'histoire du garçon que l'on transforma en fille
John Colapinto
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Elsa Maggion.
Préface de Marcel Rufo
Editions Denoël
Collection Impacts
344 pages

Parution : 30 octobre 2014
Genre : Témoignage de vie, récit
Thèmes : médecine, psychiatrie/sexualité

Quatrième de couverture

1967, Janet Reimer accouche de vrais jumeaux. À la suite d'une erreur chirurgicale lors d'une circoncision, l'un des garçons perd son pénis. Les parents, désespérés, mettent le sort de leur fils entre les mains d'un chirurgien aux procédés pour le moins contestables, le Dr Money. Celui-ci les convainc de transformer le petit Bruce en fille, et c’est ainsi que Bruce devient Brenda. L'auteur raconte tout : les états d'âme des parents, les visites hallucinantes dans l’unité de recherche psycho-hormonale et, surtout, le mal-être de cet enfant qui aura une conscience de plus en plus aiguë de sa différence et de la contradiction flagrante entre sa «nature» et les injonctions auxquelles il/elle est soumis. À quatorze ans, irrépressiblement attiré par les filles, il décide de retrouver son sexe à l’aide d’hormones inverses et change à nouveau de prénom, d’identité. Cette fois il s’appellera David. Mais ses problèmes ne sont pas résolus pour autant, et ce sera le début d'une longue descente en enfer. 

En plus de nous faire découvrir les stupéfiantes théories du Dr Money et l’extraordinaire force de caractère d’un enfant pas comme les autres, Bruce, Brenda et David invite naturellement à penser la question, brûlante d'actualité, du genre et du sexe, tout en offrant une grande leçon d’humanité.



Un immense merci aux Editions Denoël pour la découverte de cet ouvrage cinglant, atroce, émouvant mais surtout renversant.
Bruce, Brenda et David est une histoire vraie et ô combien bouleversante. Les personnages sont tous réels et l'ensemble des faits relatés dans ce livre est authentique.

A Winnipeg au Canada, nous sommes en 1965. Janet Reimer met au monde deux frères jumeaux, Brian et Bruce. Alors âgé de sept mois, l'un des jumeaux, Bruce, contracte une infection urinaire en raison d'un problème de phimosis.  Les médecins et les parents de Bruce se mettent alors d'accord pour une intervention chirurgicale qui se veut habituellement bénigne et pourtant à cause de l'incompétence d'un médecin et d'un personnel médical absent, l'opération va rater et la mauvaise cautérisation de la plaie va engendrer la perte complète du pénis du bébé. Les parents de Bruce, très jeunes parents, anéantis par ce malheur, décide de faire appel au Dr Money, psychologue soit disant brillant et pionnier dans le domaine du genre humain et du développement sexuel avec pour théorie "on ne naît pas femme, on le devient". C'est alors que Bruce va devenir Brenda élevée par ses parents comme une fille pour devenir une fille. Une réattribution sexuelle va alors être réalisée sur Bruce à ses vingt deux mois.
Les conséquences vont alors être désastreuses sur l'évolution psychologique de Bruce devenant Brenda et qui des années plus tard deviendra David.

Ce récit est un condensé de toute la douleur psychologique et morale que va rencontrer Bruce/Brenda/David durant toute son enfance et durant sa reconstruction (si tant est qu'elle soit réellement possible) à l'âge adulte. C'est sous le choc que l'on termine ce livre. C'est une réelle prise de conscience qu'il est nécessaire d'avoir après la lecture d'un tel récit.
La colère nous envahit littéralement.

Avant même de commencer à lire ce livre, je ne connaissais absolument pas l'histoire de David Reimer et sa famille, et c'est parce que ce témoignage m'a littéralement scotché que j'ai pris la peine d'aller consulter le net et m'apercevoir que cette histoire, (et le cas de David n'est malheureusement pas le seul comme l'explique l'auteur dans son récit) a fait couler beaucoup d'encre et ce encore aujourd'hui.
J'ai eu énormément de mal à lâcher ce bouquin pour faire ne serais-ce qu'une pause et dormir. Lu en deux jours et en quelques heures, on ne peut que ressortir tourmenté d'une telle lecture.

Ce récit met en avant toute la folie d'un médecin, le Dr. John Money (qu'il est plus facile de qualifier de psychopathe que de psychologue et sexologue) peu scrupuleux ayant permis à l'un de ses patients, Bruce/Brenda, de devenir à son insu et à celui de toute sa famille son cobaye juste pour faire avancer l'idéologie d'un homme complètement paraphrénique.

Sans vouloir intervenir sur le fond de l'histoire, car je pense personnellement que la théorie du genre est une absurdité intellectuelle, je m'interroge sur le point de départ de ce drame. Comment est-il possible qu'un chirurgien chargé de réaliser une circoncision puisse rater et faire accepter aux parents, à la suite de ce drame, de réaliser une ablation des testicules de leur enfant.
C'est la première chose qui m'a réellement frappé dans ce récit. Même si les parents du petit Bruce se sont retrouvés désemparés et perdus face à ce drame, le Dr Money a du en effet être très persuasif pour leur faire croire que l'acquis allait primer sur l'inné avec le temps et les décider à donner leur accord et faire ôter les testicules de leur bébé. C'est tout simplement affreux!
  
Rien que de relater les faits de ce récit, en tant que toute jeune maman, je n'arrive même pas à envisager ne serais-ce qu'une seule seconde de faire vivre un tel drame à mon enfant, car il s'agit réellement d'un drame!
Il est évident que le risque zéro n'existe pas même pour une opération qui se veut bénigne mais si déjà ce pauvre petit bébé s'est retrouvé accidentellement mutilé, cette décision irréversible est une seconde mutilation!

On comprends le mal être qui va régner dans la famille. Que ce soient les enfants la mère ou le père des enfants, tous auront des tendances dépressives et il n'est pas nécessaire d'être psychologue pour en comprendre le pourquoi. Même si les parents Reimer ont pensé qu'il pouvait s'agir de la meilleure solution avec un médecin les ayant embrigadés dans son délire en les persuadant à chaque fois qu'ils avaient pris la bonne décision, alors que tous les faits n'indiquaient que le contraire, comment arriver à vivre avec tout ça. Brenda ne montrera rien de féminin et restera persuadée qu'on lui cache quelque chose en rapport avec sa sexualité, jusqu'au jour où elle va faire la rencontre d'une pédopsychiatre qui sera voir les réels difficultés de Brenda et obliger ses parents à lui révéler la vérité.

Un livre choc dont on ne ressort pas indemne. On pense forcément à David et à toutes les souffrances de cet enfant devenu adulte avec toutes les difficultés du monde, les moqueries et les dépressions. Toutefois, comme le dit si bien l'auteur, on peut également souligner une ténacité et une combativité impressionnante face à autant d'épreuves psychologiques.

Note : 10/10

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dimanche 23 novembre 2014

Crazy Dana de Marina QUILICHINI




Crazy Dana
Marina QUILICHINI
Editions Mélibée
212 pages

Publication : novembre 2014
Genre : roman sentimental




Quatrième de couverture

Les «Wild Not» sont un groupe de Hard Rock des années soixante-dix qui tentent leur retour dans les années 2000, aidés par leur manager et attachée de presse Blue, qu’ils connaissent depuis près de 20 ans. Et pour cause, Blue a été la maîtresse de chacun d’entre eux quand elle était leur assistante. La troublante Dana, fille de Blue, vient travailler avec eux sur leur tournée de retour et tombe amoureuse du batteur du groupe, Duncan, mais une terrible révélation vient perturber cet amour naissant. Dana s’enfuit, abandonnant tout derrière elle et va se réfugier dans les bras de Stephen, un séduisant chanteur qui en fera une icône de la scène rock. Dana sombre, elle ne peut oublier son ancien amour et se laisse prendre au piège de la célébrité… Amour… Sexe… Drogue… Rock’n’roll.






Que j'aime les romans des éditions Mélibée!

Merci une fois encore à Julien et à cette auteure talentueuse, Marina QUILICHINI,  qui a de l'avenir devant elle.

Vous l'aurez compris, encore un très joli roman avec un style simple et des qualités indéniables que l'on peut souligner chez Marina QUILICHINI. L'auteure a un don naturel dans ses écrits et les dialogues de ses personnages pour faire passer énormément d'émotions et de sentiments.
Une auteure de plus qui a réussi à me faire pleurer.

Crazy Dana, c'est l'histoire d'un groupe de rock, les "Wild Not" qui tentent de revenir sur le devant de la scène avec l'aide de Blue leur manager et attachée de presse. Tous se connaissent depuis plus d'une vingtaine d'années et d'ailleurs Blue a été l'amante de chacun d'entre eux à l'époque où elle était leur assistante.
C'est alors qu'on fait la connaissance de Dana, le personnage principal de ce roman, la fille de Blue, qui vient travailler avec sa mère et avec l'ensemble du groupe sur leur nouvelle tournée. Mais c'est alors que Dana tombe amoureuse de Duncan, le batteur, mais cet amour va malheureusement être mis à mal à cause d'une cruelle révélation. Dana disparaît et se réfugie dans les bras de Stephen, un chanteur de rock qui était près à tout pour la conquérir. Ce dernier décide de la propulser sur le devant de la scène en tant que chanteuse de rock. Malheureusement, Dana qui n'arrive pas à oublier Duncan va progressivement glisser dans les pièges de la gloire : alcool, luxure et drogue.

Ce roman est un véritable condensé de multiples émotions : amour et haine, joie et déception, jalousie et indifférence, désir et dégoût, douceur et violence, et je pourrai continuer à dresser la liste.
Chaque personnage a été pensé avec minutie, chaque scène a été détaillée et imaginée de manière à plonger le lecteur sur le devant de la scène, comme si nous assistions et accompagnions Dana dans tous ses déboires. Même les scènes d'amour sont électrisantes.
L'auteure nous livre un roman émouvant nourrit en partie par son expérience en tant que chanteuse mais on peut également la gratifier de cette qualité qu'est celle de transmettre autant d'émois au travers de l'écriture, chose qui n'est pas toujours facile.


On s'attache très facilement au personnage de Dana, jeune femme qui a tout pour elle, belle, frêle et charmante aux yeux de tous les hommes. Discrète, elle n'a besoin d'aucun artifice pour fasciner la gent masculine.
Elle nous séduit et par moment, elle nous agace au point qu'on tenterai presque de vouloir la secouer pour la faire réagir. Mais nous sommes également capable de la comprendre, car quand nous sommes amenés à lire un livre, parfois il nous arrive de nous identifier en tant que lecteur au vécu de l'un des personnages, et c'est en effet dans la seconde partie de ce roman que je me suis laissée submerger. Il faut croire que même si la vie est semée d'embuches, un miracle peut toujours arriver quand on s'y attend le moins.

Duncan, autre personnage clé de ce roman nous séduit mais on regrette qu'il n'est pas été plus vigilant face à la descente aux enfers de Dana. Malgré tout, on y voit un homme aimant et qui n'aura d'yeux que pour elle tout au long de ce magnifique roman.

Enfin, l'auteure a délibérément (je pense) choisi de terminer son œuvre sur une sorte de fin ouverte afin de donner au lecteur tout le plaisir de s'imaginer une suite que l'on espère heureuse...
Oui elle le sera!

Une belle découverte !!

Note : 9/10

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vendredi 21 novembre 2014

La Chica zombie de Laura Fernandez


La Chica Zombie
Laura Fernandez
Editions Denoël
Collection Y
368 pages

Parution : 6 novembre 2014
Traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon

Quatrième de couverture

Bienvenue dans le monde jubilatoire et déjanté de Laura Fernández. 

Dans la ville fictive d’Elron, à la fin des années 90, une poignée d’élèves et de professeurs se préparent au célèbre bal des Monstres du lycée Robert-Mitchum. Erin, seize ans, se réveille un matin et découvre avec effroi que ses cheveux sont pleins de vers, que ses doigts tombent les uns après les autres… Tout semble indiquer qu’elle est morte… Pourtant, malgré son odeur pestilentielle et sa chair en lambeaux, Erin doit quand même aller en cours. Elle cache son corps putréfié de zombie derrière des vêtements informes et du maquillage, et personne ne semble s’apercevoir de son état. 

Derrière un récit survolté et gorgé de références à la Pop culture se dessine une description juste de l’adolescence, entre exploration de soi et désir de se fondre dans la masse. Le tout servi par un style vif et original, un ton irrévérencieux et des rebondissements tout à fait loufoques.





Je remercie une nouvelle fois les éditions Denoël pour cette étonnante découverte.
Etonnante, car en effet cet ouvrage nous plonge dans un univers complètement loufoque et déjanté.
Ce roman tente de projeter une sorte de métaphore de l'adolescence.

La Chica Zombie, c'est l'histoire d'Erin Fancher, 16 ans, qui se réveille un matin complètement affligée : son corps est couvert de plaies, des vers nécrophages s'échappent de celles-ci et l'odeur qu'elle dégage est celle de la mort. En dépit de son apparence et de cette odeur délétère que son corps dégage, Erin doit continuer à aller en cours. Elle camoufle alors son corps et use de stratagèmes et de maquillage pour masquer son état. Personne ne semble finalement s'apercevoir de celui-ci.

Billy Servant, autre personnage central dans ce roman est tout aussi déjanté, sans doute encore plus que tous les autres. Si au début, il nous apparait comme l'être le plus ingrat et le plus pitoyable qui soit, finalement, il s'avère, au fil du roman, être la personne la plus compréhensive et tolérante et on découvre au final un être bien sympathique.

Laura Fernandez centre son ouvrage sur les difficultés que peuvent éprouver les adolescents et c'est avec pleins de rebondissements aussi farfelus les uns comme les autres que l'on découvre le personnage d'Erin entouré de ses acolytes tout aussi extravagants.
L'habileté de l'auteure, la fraîcheur qu'apporte Laura Fernandez dans cette spirale d'irréalité inonde le texte. L'auteure possède un don inné qu'est celui du naturel paradoxal et de l'humour noir.

Alors, Erin est-elle réellement dévorée par des vers ou ce qui lui arrive résulte-t-il uniquement de son imagination brutale et terrible d'une adolescente un peu perdue? Est-on en présence d'un roman qui traite de zombies au sens premier du terme?
Non,  ce qui est très plaisant justement dans cet ouvrage c'est l'idée même d'utiliser l'image des mort-vivants de manière à distiller la métaphore. La zombie n'est pas réellement un personnage au sens premier, c'est seulement l'idée que l'auteure tient à retenir. La morale de ce roman est de nous satiriser toute survie émotionnelle dans la jungle sociale dans laquelle nous vivons.  
Ce livre est un roman burlesque sur la dureté de l'adolescence mais c'est aussi une histoire sur la difficulté d'être soi-même.

Un petit bémol avec une fin de roman un peu étrange à mon goût mais qui n’entache en rien toutes les qualités de ce roman.

Un pur moment de fraîcheur malgré un titre sombre et une couverture de roman noire mais qui ne se prend guère au sérieux avec son style à la "Pacman" qui donne déjà un avant-goût du ton que l'auteure donne à son récit.   

Un petit clin d'oeil avec un tout petit extrait issu du roman qui revient de manière assez récurrente que j'adore : "- Ouais, c'est ça, et les éléphants ont des ailes".

Note : 8/10

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dimanche 16 novembre 2014

Renaissance, de Jean-Baptiste Dethieux



Renaissance
Jean-Baptiste Dethieux
Editions Taurnada
Collection Le Tourbillon des mots
186 pages

Parution : 10 septembre 2014
Genre : Thriller psychologique

Quatrième de couverture

Le psychiatre m’avait pourtant prévenu. Il ne fallait pas tenter cette plongée dans les abîmes, tout seul. Surtout pas ! Vouloir remonter le temps ou plutôt le dérouler sans l’aide d’un compagnon de route, d’un guide de haute montagne aguerri, grand connaisseur du terrain et de tous les pièges que représente cette virée dans les recoins de ma mémoire, c’était de la folie !



Renaissance est pour le moment le roman le plus surprenant qui j'ai été amené à lire depuis bien longtemps, car en effet, l'auteur Jean-Baptiste Dethieux nous embarque dans un thriller psychologique dans lequel le personnage principal n'est autre que la mémoire même du narrateur. 

Jean Malenc, journaliste de mode, n'a plus de nouvelles de sa femme l'ayant quittée quinze jours plus tôt emmenant avec elle leur fille Blanche. Suivi par un psychiatre, Jean qui ignore ses graves problèmes psychiatriques et ses importants troubles de la mémoire décide de partir seul à la recherche de sa femme et de sa fille.  

Si la mémoire du personnage se trouve être complètement ravagée moralement et psychologiquement, le lecteur se retrouve également plongé dans une confusion totale face aux incohérences mentales de Malenc.

L'auteur déroule son récit d'une main de maître et nous entraîne dans la mémoire défaillante de Jean au travers de ses souvenirs et dans l'imbroglio de sa mémoire anémiée. En tant que lecteur, nous sommes dans le même état d'esprit que Jean, nous sommes sa mémoire et par conséquent nous sommes complètement paumés et désorientés. L'immersion divagante est totale! Tout se bouscule : cauchemars, phénomènes étranges et apparitions fantomatiques.

Les compétences de l'auteur en matière de psychiatrie est un atout majeur. Jean-Baptiste Dethieux exploite divinement bien ce thriller psychologique tout en évitant d'inonder son lecteur de réflexions trop médicales et imbuvables.

Un seul petit bémol pour moi, une fin de roman un peu trop précipitée à mon goût, mais qui a tout de même le mérite d'être plutôt étonnante et renversante.

Pour tout cela, on ne peut que l'accueillir à bras ouverts et lui suggérer qu'une seule chose : poursuivre son talent pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

Merci aux éditions Taurnada et au site Livraddict pour cette belle découverte!


Note : 7,5/10

vendredi 14 novembre 2014

Addict de Jeanne Ryan




Addict
Jeanne Ryan
Editions Robert Laffont

Parution : février 2013
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Fabien Le Roy





Quatrième de couverture

ADDICT est un jeu qui diffuse sur Internet des défis filmés en direct. Vee, 17 ans, ne sait pas si elle aura le cran d'y participer. Mais les organisateurs connaissent ses désirs les plus secrets et finissent par la convaincre avec des cadeaux qu'elle ne peut pas refuser, et un partenaire irrésistible...
Dès qu'elle fait équipe avec le beau Ian, Vee ne peut qu'accepter le défi suivant, puis un autre, et encore un autre... D'autant que l'engouement des milliers d'Observateurs en ligne la pousse à dépasser ses limites et ses peurs. 
Bientôt, le jeu prend un tournant plus que malsain : dangereux. Mais comment décrocher quand on est devenu complètement addict ?


Intriguée par l'histoire et par la couverture, je me suis laissée tenter par ce roman de Jeanne Ryan. Je m'attendais à plonger dans un ouvrage réellement engageant, mais finalement j'ai été un peu déçue non pas par le fond même de l'histoire mais plutôt par le côté un peu surréaliste et enfantin de certaines situations dans lesquelles les deux personnages principaux, Vee et Ian, vont être amenés à évoluer.

Les challenges qui peuvent être perçus comme attrayants pour certains ne l'ont pas été pour moi. Ils m'ont paru niais et infantiles avec heureusement une fin un peu plus subtile mais malheureusement avec  la présence de personnages  relativement simplets qui gâchent tout.

Quand à Vee, personnage principal de ce roman, son caractère m'a tout simplement agacé. Face aux gains promis en échanges de défis, nous découvrons une gamine capricieuse et jalouse de sa meilleure amie qui est prête à se ridiculiser juste pour gagner des escarpins ou encore le tout dernier Smartphone à la mode juste pour épater la galerie au lycée. Quelle niaiserie!!

Une grande déception après lecture de ce roman qui se lit pourtant très bien. Le style y est simple et plaisant mais l'histoire dont le concept aurait pu être sympathique se révèle finalement bancale et puérile.

Malgré tous ces défauts, j'avoue malgré tout avoir eu du mal à lâcher l'ouvrage et c'est sans doute cette qualité que possèdent les romans Young Adult, ils ont le pouvoir de chatouiller la curiosité de leurs lecteurs avec une bonne trame de fond mais ici, malheureusement, si le concept de téléréalité était une bonne idée, l'histoire qui gravite autour manque de maturité et de crédibilité qui fait chuter l'intérêt du livre.

Note : 5/10


lundi 10 novembre 2014

Souris... et tais-toi de Valérie FRAMIT




Souris... et tais-toi
Valérie FRAMIT
Editions Mélibée

236 pages
Parution : 07.2014
Genre : Roman sentimental

Quatrième de couverture

J'ai toujours pensé que le bonheur n'était pas pour moi. Non pas que je n'y aspirais pas. Non. J'étais tout simplement persuadée que lorsqu'il y avait eu la distribution, j'avais été la dernière sur la liste et par conséquent, j'avais eu ce qui restait. C'est-à-dire pas grand-chose. »

Isabelle
Isabelle mariée à Luc, sourit ... et se tait.

Pierre
Pierre marié à Monique, tente de la faire accéder au statut de mère, mais en vain. Isabelle et Pierre ? Lorsque le regard de jais de Pierre rencontre le bleu troublant de celui d'Isabelle, une étincelle jusque-là éteinte, se rallume.





Encore un grand merci à Julien des Editions Mélibée. Il aurait été bien dommage que je passe à côté d'une telle prouesse littéraire.

Lu en quatre heures de temps, sur deux jours entre minuit et 2h00 du matin, autant vous dire que j'ai eu énormément de mal à trouver le sommeil ces deux dernières nuits. La première, j'ai du me faire violence pour fermer l'ouvrage tant je voulais rester en compagnie des personnages de Valérie FRAMIT dans ce magnifique roman Souris... et tais-toi. La seconde, je n'ai pas vu le temps passer et j'ai fini de lire la dernière page de ce roman, en larmes, le nez bouché avec des pensées énormes pour mon bébé dormant profondément dans sa chambre et pour mon mari qui heureusement ne ressemble en rien à celui d'Isabelle.

Cet ouvrage retrace la vie de deux couples, d'un côté celui d'Isabelle et de l'autre celui de Pierre, tous deux en proie à une dictature malsaine de leur partenaire respectif.

Isabelle est mariée à Luc, un homme qu'elle a connu à l'époque où celle-ci fréquentée la faculté mais pour lequel elle n'a jamais eu de véritables sentiments amoureux. Si elle s'est mariée, c'est surtout pour faire plaisir à ses parents autoritaires et pour ne pas rompre le serment qu'elle avait prononcé à son père. Luc se révèle être un homme hautain, autoritaire, moralement et psychologiquement méprisant avec Isabelle. De leur union va malgré tout naître deux beaux enfants qu'Isabelle va chérir et se raccrocher jusqu'au jour où elle va croiser le regard de Pierre...

Pierre et Monique sont en couple depuis plusieurs années et tentent en vain d'accéder au statut de parent. Monique, enfant gâté et devenue une femme condescendante et méprisante avec le temps, n'accepte pas d'échouer face à ses tentatives pour être enceinte et mène la vie dure à son mari qui lui ne supporte plus les comportements acariâtres de sa femme à son égard.

Ce roman témoigne de la réalité que vive certaines femmes mais également certains hommes dans leur couple : le harcèlement moral et psychologique quotidien de leur conjoint.

Si j'avais été amenée à lire ce roman sans en connaître son auteur, j'aurai sans doute pu avancer qu'il aurait pu être de Nicholas Sparks et j'espère que l'auteure y verra un joli compliment, car Valérie FRAMIT a réellement un don immense pour faire passer beaucoup d'émotions au travers de ses personnages.

Plusieurs fois je me suis surprise à imaginer ma présence auprès d'Isabelle, le personnage principal, afin de lui apporter toute mon aide et ma sympathie tant cette femme se retrouve dans une situation impossible et moralement fatigante. La colère que l'on ressent face à cet homme qu'est son mari, cet être abjecte égoïste et imbu de sa personne, nous envahit.  

Monique, la femme de Pierre est tout aussi agaçante et piquante que Luc. Ces deux êtres ne se croiseront jamais dans le roman et c'est finalement bien dommage car ils s'accorderaient à merveille.

On aborde également le problème de l'infidélité, de l'adultère.
C'est un réel soucis pour une femme aussi bien élevée qu' Isabelle. Mais doit-elle continuer à souffrir en silence, sourire... et se taire. Doit-elle continuer à vivre et supporter les harcèlements quotidiens de son mari, se plier en quatre, accéder à toutes ses volontés et se voir au final humilier. N'a-t-elle pas le droit d'accéder un jour au bonheur sans penser en premier à celui des autres?

C'est pour toutes ses raisons que j'attribue un gros coup de cœur pour ce roman. Le plaisir de lire est immense quand on se sent ainsi avalé et submergé par une œuvre. Quand un roman vous envahit au point de vouloir vous associer aux protagonistes et combattre à leurs côtés, c'est en cette capacité que l'auteure a réussi à m'émerveiller. Ecrire est une chose, transmettre de réelles émotions par l'écriture en est une autre et c'est avec subtilité que Valérie FRAMIT  a réussi cette performance.

Procurez-vous ce roman, feuilletez-le, adoptez-le, lisez-le, vous ne serez pas déçus !

Note : 9,5/10

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samedi 1 novembre 2014

A mains nues de Paola Barbato


A mains nues
Paola Barbato
Editions Denoël

Collection Sueurs Froides
Parution : 09.10.2014

Traduit de l'italien par Anaïs Bokobza

496 pages


Quatrième de couverture

Il a seize ans, une gueule d’ange, un avenir tout tracé. Un jour, il se rend compte qu’il peut tuer sans le moindre scrupule. Un monde nouveau s’offre à lui… 

Davide a eu une enfance choyée et sans histoires. Un soir, lors d’une fête, il est kidnappé et enfermé à l’arrière d’un camion. Tapi dans le noir, un inconnu lui saute dessus et tente de le massacrer. Terrorisé, Davide agit par réflexe et tue son adversaire. Il est alors conduit dans une cave, où il rejoint d’autres prisonniers. Comme lui, ils sont là pour s’entraîner à combattre et intégrer un jour l’élite des tueurs. Abasourdi, Davide comprend que son seul moyen de survie est de tuer. Il remporte chacun de ses combats. Un jour il décide de s’enfuir, mais l’organisation ne l’entend pas de cette oreille… 
Naît-on assassin? C'est la question que se pose Davide tout au long du roman lorsqu’il découvre qu’il peut tuer avec ses poings sans le moindre scrupule. Analyse psychologique très fine sur les rapports entre kidnappeur et otage, À mains nues raconte l’éducation par la violence d’un gladiateur des temps modernes.




Je remercie une fois encore les Editions Denoël pour cette jolie et sombre découverte car c'est véritablement un roman choc.
On comprend qu'il fasse partie de la collection Sueurs Froides car nous pénétrons ici dans un ouvrage noir, brutal, tragique, cinglant, barbare et cruel, mais addictif malgré toute la cruauté que nous sommes amenés à lire.
Addictif, dans le sens où l'auteur, Paola Barbato, manie avec habileté son récit et nous interdit de souffler. Bestial, car elle nous dresse un portrait cauchemardesque et inhumain en exploitant des êtres humains destinés à ne devenir que des bêtes sauvages, sans pitié, dans le seul but d'assouvir les plaisirs pervers d'une société bourgeoise.

Les qualités de l'auteur sont évidentes, car si l'histoire est atroce, Paola Barbato maîtrise tellement bien l'écriture qui lui ai nullement nécessaire de nous décrire des scènes gores pour effrayer, bouleverser ou affoler le lecteur, tout est merveilleusement et tragiquement bien écrit.
Quand on arrive enfin au point final, à la dernière page, la fin de ce roman nous assomme et finit de nous achever.

Un grand bravo à cet auteur féminine pour ce roman claquant qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page.
La couverture de ce dernier est également sublime.

Ce livre peut sans doute déstabiliser car il est évident qu'il n'est pas forcément fait pour tous, mais il a au moins le mérite de sortir du lot et brise tous les tabous.

Si les réalisateurs de films sont actuellement très friands des best-sellers littéraires, je serai la première à proposer celui-ci.

Un beau coup de cœur!


Note : 9/10


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