Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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dimanche 28 décembre 2014

Au Bonheur des Dames - Emile Zola



Au bonheur des dames
Emile Zola
Editions France Loisirs
610 pages

Première édition : 1883
Paru en 1990 aux éditions France Loisirs

Quatrième de couverture

Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie.



Deux raisons m'ont poussé à lire ce grand classique Au Bonheur des dames d'Emile Zola.
Primo, pour une accro de littérature, il serait impensable à trente quatre ans de ne pas avoir lu la plupart des romans d'Emile Zola. Ultimo, je possède un héritage complet de toute la collection des Rougon-Macquart achetés aux Editions France Loisirs dans les années 90 par mon cher papa, alors autant vous dire que je n'ai aucune excuse à les laisser prendre la poussière dans ma bibliothèque sans en avoir ouvert ne serait-ce qu'un seul. Par conséquent, je compte bien suivre les traces de mon cher paternel et m'engloutir les vingt volumes de la saga romanesque des Rougon-Macquart écrit par Emile Zola entre 1871 et 1893.

Le seul roman d'Emile Zola que j'ai été amené à lire jusqu'à aujourd'hui est Germinal. Je devais avoir environ treize/quatorze ans à l'époque. Je m'en souviens, car peu de temps après l'avoir lu, le roman a été adapté au cinéma en 1993 avec d'ailleurs le chanteur Renaud dans le rôle d'Etienne Lantier. J'ai le souvenir d'être allé le voir accompagné de mes parents, grands-parents,... ma tendre et adorable grand-mère assise à mes côtés.

Au Bonheur des Dames se trouve être le onzième volume de la suite romanesque des Rougon-Macquart. J'ai préféré commencer par ce tome-ci dans la mesure où il s'agit du plus célèbre avec Germinal et c'est sans doute celui qui m'a le plus attiré pour une lecture aux portes des fêtes de Noël.

Dans Au Bonheur des Dames, on découvre l'histoire de Denise. Dans l'espoir d'une vie meilleure, accompagnée de ses deux frères Jean et Pépé, elle débarque de sa Basse-Normandie natale à Paris suite au décès de leur père.  Elle se présente alors chez son oncle Baudru espérant y trouver du travail. Malheureusement, comme la plupart des autres commerçants  du quartier, l'oncle Baudru peine à faire tourner sa boutique et ce à cause d'un concurrent de taille ayant pignon sur le trottoir d'en face susnommé Le Bonheur des Dames. Cet immense magasin de nouveautés avec des stocks gigantesques fait tourner la tête d'une clientèle féminine affriandée par des prix défiants toute concurrence. C'est alors que Denise décide de se faire embaucher dans cette immense boutique. Elle va devoir assumer la méchanceté et la jalousie des vendeuses, la dure vie parisienne et le caractère complexe, facétieux et charmeur d'Octave Mouret, le propriétaire du magasin.

Au travers de son roman Emile Zola nous conte non seulement les histoires et les déboires de Denise mais se sert de celui-ci pour faire une analyse de la société dans laquelle il est amené à évoluer. Au Bonheur des Dames se trouve être finalement le personnage principal de ce roman. Au travers de son œuvre, on assiste avec impuissance à la disparition des petits commerces au profit des plus grands. C'est le début du commerce actuel avec l'apparition de la réclame, de la vente promotionnelle par le biais de produits vendus aux rabais ("le tant pour cent" très souvent utilisé dans le roman) et des réflexes commerciaux qui sont aujourd'hui toujours d'actualité.

Emile Zola est également un as de la description à l'image d'Honoré de Balzac avec notamment Le Père Goriot. Et ce n'est d'ailleurs pas si étonnant quand on sait qu'Emile Zola était un fervent admirateur de ce dernier. Chaque scène de la vie quotidienne est détaillée avec une étonnante qualité.
Emile Zola reste un auteur de talent.  J'ai désormais hâte de découvrir le premier tome de cette suite romanesque avec La Fortune des Rougon. Un joli voyage dans le XIXème siècle accessible et excitant.

Note : 9/10


mardi 16 décembre 2014

Septembre rouge d'Anders Bodelsen



Septembre rouge
Anders Bodelsen
 Traduit du danois par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen
289 pages

Parution : 23 octobre 2014
Editions Folio
Collection Policier

Quatrième de couverture

Søren est mort dans lors d'un glissement de terrain en montagne. Sa femme Vera l'a identifié sans le moindre doute, tous l'ont pleuré, puis ont fait leur deuil. Et les années ont passé... Mais alors qui est cet homme que Jens a cru voir dans une station-service où il s'était arrêté par hasard ? Convaincu d'avoir reconnu son frère - bien vivant - Jens va tenter de comprendre qui était vraiment Søren et quels secrets pourraient l'avoir obligé à disparaître...



Un grand merci aux éditions Folio et à toute l'équipe de Livraddict pour m'avoir permis de découvrir ce roman.

Cinq années se sont écoulées depuis la mort de Søren lors d'une expédition en montagne. Vera, sa femme qui l'a identifié sans aucun doute possible continue à vivre malgré l'absence douloureuse de son mari. Un jour, son frère Jens se rends dans une station-service et croise  le regard d'un homme qui ressemble énormément à Søren. Dans l'esprit de Jens, le doute s'installe, se pourrait-il qu'il s'agisse effectivement de son frère?
Parce que cette rencontre va le troubler, il décide finalement d'appeler Vera, la veuve de son frère, qu'il n'a pas revu depuis plusieurs années.

Un style simple avec une histoire plutôt réaliste et des personnages ordinaires qui se suffisent à eux-mêmes.
Dans ce roman, nous ne sommes pas réellement dans un policier. Il ne faut pas s'attendre à y trouver flics, meurtriers et victimes. Le concept même de cet ouvrage est très subtil et le choix du titre l'est tout autant. L'auteur y mêle beaucoup d'aspects liés à la politique interne qui règne au Danemark et c'est sans doute le plus déroutant dans l'histoire. L'intrigue est mystérieuse et opaque.

Je reviens d'ailleurs sur le choix du titre, Septembre rouge, certainement une allusion au passé de Jens et Søren noirci par leur dérive terroriste à l'époque de leur jeunesse insouciante. Malheureusement, parfois les spectres du passé ressurgissent.
Après toutes ces années, Jens qui avait réussi à se construire une vie paisible et sans problème, va de nouveau devoir se risquer pour sauver son frère.

Un livre agréable à lire et à découvrir. L'aspect politico-économique présent dans cet opus peut éventuellement dérouter par moment mais le style de l'auteur fait de cet ouvrage une découverte plutôt atypique pour un roman de la catégorie policier.

Un livre à découvrir!

Note : 7/10

dimanche 14 décembre 2014

Le lit de Procuste : 242 jours en Algérie de Luc Véron




Le lit de Procuste : 242 jours en Algérie
Luc Véron
Editions Mélibée

86 pages
Genre : roman historique

Quatrième de couverture

Le Lit de Procuste suit les pas d’un garçon de vingt ans embarqué malgré lui dans le théâtre d’ombres des événements d’Algérie.
Il n’y a pas un soupçon d’héroïsme chez ce jeune fils d’ouvrier qu’on habille en officier et qui subit la guerre plus qu’il ne la fait. Il s’en sort comme on se sort d’un mauvais pas. Il ne connaît pas l’illusion lyrique des vainqueurs ou des vaincus. Il s’en tire par le silence qu’il habite et laisse en héritage. Le Lit de Procuste est le récit de ce silence par son héritier. Une affaire de filiation, en somme, sur fond d’événements historiques, plus que l’Histoire elle-même.



Je remercie une nouvelle fois Julien et les éditions Mélibée pour la découverte de ce nouveau roman, Le Lit de Procuste : 242 jours en Algérie de Luc Véron.

Moins de 90 pages, Le Lit de Procuste : 242 jours en Algérie se lit en quelques heures. Mélange de roman historico-politico-militaire, l'auteur nous expédie au front, en plein milieu de la guerre d'Algérie, nous sommes en 1957.
Le titre de ce roman est aussi implicite qu'explicite dans la mesure où l'auteur nous explique lui-même, en première page, le choix de celui-ci. L'aphorisme "le lit de Procuste" résume parfaitement le ton que l'auteur souhaite donner à son roman avec principalement la mise en accusation des militaires français ayant pratiqué la torture en Algérie et avec l'idée sous-jacente que cette guerre, longtemps qualifiée de maintien de l'ordre, se révélera finalement être une rébellion qui n'emploiera non pas des méthodes d'une guerre conventionnelle mais en utilisant le terrorisme et la guérilla à l'encontre de la population civile.
Un ouvrage clair et détaillé qui explique le déroulement des évènements durant la guerre d'Algérie. Ce récit éclaire des points indispensables à la connaissance du passé mais également à la compréhension des conditions de ce conflit de la décolonisation en suivant les pas de Serge V., jeune garçon d'une vingtaine d'années, qui durant son service militaire va se retrouver au milieu de cette guerre sans y prendre réellement part, mais comme le dit l'auteur, il va la subir de plein fouet.
Le point négatif de ce roman se situe dans le vocabulaire spécifique à l'armée, très militaire et parfois un peu déroutant à la compréhension du roman et au suivi de celui-ci. Je n'ai donc et malheureusement pas été très à l'aise dans la lecture de ce récit en raison de la technicité de ces nombreux termes militaires employés.

Un roman qui ravira sans nul doute les férus d'Histoire et les passionnés du genre.   
Note : 5/10

Et si vous souhaitez vous procurer "Le lit de Procuste : 242 jours en Algérie" de Luc Véron, le lien est le suivant : http://www.editions-melibee.com/livre.php?isbn=9782362525391

vendredi 12 décembre 2014

Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger




Trente-six chandelles
Marie-Sabine Roger
Editions du Rouergue

278 pages
Parution : 20.08.2014
Genre : littérature française, humour




Quatrième de couverture
Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l'heure de son anniversaire, Mortimer Décime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans. 
La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ? Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d'une malédiction familiale ?

Entre la saga tragique et hilarante des Décime, quelques personnages singuliers et attendrissants, une crêperie ambulante et une fille qui pleure sur un banc, on suit un Mortimer finalement résigné au pire.
Mais qui sait si le Destin et l'Amour, qui n'en sont pas à une blague près, en ont réellement terminé avec lui ?


Dans le cadre de la 5ème édition des Matchs de la rentrée littéraire 2014 organisée par Priceminister-Rakuten et parmi une jolie sélection de livres ayant été proposés, je me suis orientée sur le roman Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger aux éditions du Rouergue. Le résumé a piqué ma curiosité et la couverture de ce dernier a attiré mon attention.  

Ce roman pose un regard étonnant avec une pointe d'humour noire sur le tragique destin de toute la descendance masculine d'une même famille, portant le même nom" Decime", destinée à mourir, tous, à 11h00, le jour de leur 36ème anniversaire, avec en plus un prénom pour chacun d'entre eux commençant tous par la même syllabe "Mor".

Nous sommes le 15 février, c'est aujourd'hui les 36 ans de Mortimer Decime, il est bientôt 11h et comme tous les autres hommes de sa famille, il se prépare à mourir. Revêtant son plus beau costume, Mortimer a déjà tout prévu, il a résilié son bail, l'électricité et le gaz ont été coupés, il n'a plus qu'à s'allonger dans son sofa et attendre 11h, l'heure de son infortune.

On apprécie fortement ce roman du début à la fin. Même si le sujet abordé n'a rien de plaisant, on se bidonne. C'est excellent! L'humour noir est présent de manière plutôt légère afin de ne pas brusquer le lecteur et les anecdotes du passé contées par Mortimer sont excellentes et véritablement cocasses.

On envie l'affection que Mortimer partage avec ses amis Paquita et Nassardine, les deux autres protagonistes de ce roman. On les aime ces deux là! De amis aimants qui ne demandent jamais rien en retour et qui ne se contentent que du peu, seul l'amour qu'ils se portent mutuellement les comblent de bonheur. Attachants, déconcertants, un brin extravagant et drôle, ils apportent également la touche d'humanité à ce roman qui ne fait pas que nous tordre de rire, mais qui nous donne également une jolie leçon de vie.

On y rencontre également Jasmine, un personnage tout aussi étonnant et léger que les autres.

Le style de l'auteur est léger et respire la bonne humeur. Les répliques sont saisissantes et efficaces.

Un roman agréable gonflé d'humour et de fantaisie!

Je remercie encore Priceminister et son opération des Matchs de la rentrée littéraire 2014 m'ayant permis de découvrir ce fabuleux roman! 

Notes :
- qualité de l'écriture : 4/5
- plaisir de lire : 4/5
- originalité du livre : 4/5

Note globale : 8,5/10

La Promesse d'Hécate - Tome 1 : La Gardienne d'Ophélie Piras



La promesse d'Hécate
Tome 1 : La Gardienne
Ophélie Piras
Editions Bookelis

Version E-Pub
300 pages
Genre : fantastique


Quatrième de couverture

Claire est une lycéenne de 17 ans qui vit en campagne française une existence qui est loin de lui convenir. Ennui, monotonie, mal aise ... Cela est bien loin de ses rêves d'aventure, de découverte. Lorsqu'un jour tout bascule lors d'un événement surnaturel, Claire est loin de se douter qu'elle regrettera sa vie d'avant. Pourchassée, elle est devenue la cible de prédateurs plus que déterminés à l'abattre. Accompagnée par Matt, ancien camarade de classe au passé hautement compliqué, Claire doit affronter des situations plus dangereuses les unes que les autres. Alors qu'elle tente de rester en vie, c'est sa propre nature qui pourrait bien lui causer le plus de soucis. Mais qui est-elle réellement ? Et pourquoi veut-on la tuer ? Claire se débat les yeux à demi-ouvert sur un monde dont elle ne soupçonnait même pas l'existence. Entre problèmes de confiance et problème d'identité, Claire ne peut s'imaginer ce qui l'attend au détour de son voyage.



Je tiens à remercier BookinetteGirl, autre blogueuse et chroniqueuse littéraire, qui m'a permis de découvrir cette toute jeune et nouvelle auteure, Ophélie Piras, avec son premier roman, La Promesse d'Hécate - Tome 1 La Gardienne

Ophélie Piras a un énorme talent et il est bien dommage qu'elle n'est pas eu la possibilité d'être encadrée par une personne qui aurait pu lui apporter de vrais conseils mais également une corrections de certaines maladresses, c'est le petit soucis avec  l'auto-édition, toutefois, je suis admirablement surprise du sérieux potentiel de cette très jeune auteure.

J'ai tout de suite accrochée dès les premières pages. L'univers des ados me plaît énormément et c'est certainement pour moi une manière de ne pas vieillir trop vite!

Dans ce roman, nous faisons ici la connaissance de deux personnages principaux : Claire et Matthieu. On s'attache réellement aux deux protagonistes ainsi qu'à la petite Kristie, la petite chatte de Claire qui va l'accompagner dans tous ses déboires. On affectionne tout particulièrement cette petite boule de poils et l'auteure a eu l'adresse de laisser planer une sorte de mystère sur l'animal.

Matthieu dans sa description nous fait penser à un autre héros de fiction, aussi beau et énigmatique qu'Edward Cullen, toutefois nous sommes très loin d'un roman à la Twilight.

L'auteure, si jeune, possède déjà une très belle plume et une aisance rédactionnelle avec le monde qu'elle s'est imaginée et qu'elle a été capable de retranscrire de manière admirable. Malgré parfois quelques longueurs lors des hallucinations et des rêves de Claire qui nous brouillent un peu l'esprit, les personnages ont été travaillés avec minutie et on ne peut nourrir que de l'empathie à leur égard.

Si au départ nous pensons intégrer un monde purement réel, on s'aperçoit très vite que nous plongeons dans un univers de magie et de fantastique.

Le seul point négatif que je tiens à souligner  est en rapport avec la couverture même du roman qui n'est pas forcément très attirante. Je comprends toutefois qu'il s'agit ici d'une auto-édition et qu'il n'est sans doute pas toujours évident de se démarquer à ce niveau.

Ce sera avec grand plaisir que je serai présente pour lire le second tome de cette belle épopée fantastique.

En attendant, un grand bravo à l'auteure pour ce premier roman.

Note : 7,5/10

lundi 8 décembre 2014

L'oiseleur de Max Bentow


L'oiseleur
Max Bentow

Traduit de l'allemand par Céline Hostiou
Editions Denoël
Collection Sueurs Froides
336 pages

Parution : 6 novembre 2014
Genre : Policier, Thriller


Quatrième de couverture

Seul point commun de ses victimes : une abondante chevelure blonde qui semble rappeler les plumes d’oiseaux dont il couvre leur corps… 


L’inspecteur Nils Trojan traverse une phase difficile. Divorcé, père d’une fille unique, il consulte en secret une fois par semaine la psychologue Jana Michels car il souffre de crises d’angoisse. En tant qu’inspecteur de la brigade criminelle, il ne peut se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse. 

Un jour, dans un quartier populaire de Berlin, il trouve le corps d’une jeune femme, violemment assassinée. Elle a le crâne rasé, recouvert de plumes, et un oiseau mort a été placé à l’intérieur de la plaie mortelle. Avant que Trojan n’ait le temps de comprendre ce qui s’est passé, l’Oiseleur frappe à nouveau, laissant la même signature macabre. L’inspecteur comprend très vite que l’Oiseleur est attiré par les femmes jeunes, blondes, à l’épaisse et ondoyante chevelure… Exactement le portrait de Jana. Dès lors, un duel à mort s’engage entre Nils Trojan et le dangereux psychopathe. Max Bentow plonge dans les tréfonds d’une âme en proie à la folie et nous livre le thriller le plus haletant de l’année.



Je remercie une nouvelle fois Célia et les Editions Denoël pour la découverte de ce roman, L'oiseleur de Max Bentow.

Si la quatrième de couverture m'a séduite, l'ensemble du roman n'a pas eu l'effet galvanisant auquel je m'attendais. En effet, les personnages manquent sincèrement d'approfondissements et s'attacher à l'un d'entre eux en est presque difficile, même avec le personnage principal, l'inspecteur Nils Trojan.

Le caractère psychopathe du meurtrier est malheureusement trop peu exploité. Il aurait été agréable d'en apprendre davantage sur la nature profonde de ses agissements. La résultante de ses meurtres et sa nature de déséquilibré sont restés flous. Je suis un peu déçue du contenu.
Toutefois la plume de l'auteur est fluide et plutôt agréable à lire avec de courts chapitres qui font que ce roman se lit assez vite.

L'intrigue n'est guère surprenante et c'est d'ailleurs fort dommageable car on en déduit facilement et rapidement l'identité du meurtrier avant même d'en connaître son nom. Toutefois, j'ai beaucoup apprécié cette fin ouverte laissant présager une éventuelle suite.

Après , A mains nues de Paola Barbato, qui fut un énorme coup de cœur pour moi, c'est le second roman de la collection "Sueurs Froides" que je suis amenée à lire aux Editions Denoël, mais il est vrai que L'oiseleur manque de profondeur.

A noter, malgré ces quelques maladresses un peu décevantes, la couverture de ce roman est tout simplement magnifique. En effet, derrière l'image des ergots de l'oiseau et des plumes, le fond de la couverture est de couleur brillante argentée, c'est tout simplement sublime.

Note : 5,5/10

Et si vous souhaitez vous procurer "L'oiseleur" de Max Bentow, le lien est le suivant : http://www.denoel.fr/Catalogue/DENOEL/Sueurs-Froides/L-Oiseleur

samedi 29 novembre 2014

Bruce, Brenda et David, l'histoire du garçon que l'on transforma en fille de John Colapinto


Bruce, Brenda et David, l'histoire du garçon que l'on transforma en fille
John Colapinto
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Elsa Maggion.
Préface de Marcel Rufo
Editions Denoël
Collection Impacts
344 pages

Parution : 30 octobre 2014
Genre : Témoignage de vie, récit
Thèmes : médecine, psychiatrie/sexualité

Quatrième de couverture

1967, Janet Reimer accouche de vrais jumeaux. À la suite d'une erreur chirurgicale lors d'une circoncision, l'un des garçons perd son pénis. Les parents, désespérés, mettent le sort de leur fils entre les mains d'un chirurgien aux procédés pour le moins contestables, le Dr Money. Celui-ci les convainc de transformer le petit Bruce en fille, et c’est ainsi que Bruce devient Brenda. L'auteur raconte tout : les états d'âme des parents, les visites hallucinantes dans l’unité de recherche psycho-hormonale et, surtout, le mal-être de cet enfant qui aura une conscience de plus en plus aiguë de sa différence et de la contradiction flagrante entre sa «nature» et les injonctions auxquelles il/elle est soumis. À quatorze ans, irrépressiblement attiré par les filles, il décide de retrouver son sexe à l’aide d’hormones inverses et change à nouveau de prénom, d’identité. Cette fois il s’appellera David. Mais ses problèmes ne sont pas résolus pour autant, et ce sera le début d'une longue descente en enfer. 

En plus de nous faire découvrir les stupéfiantes théories du Dr Money et l’extraordinaire force de caractère d’un enfant pas comme les autres, Bruce, Brenda et David invite naturellement à penser la question, brûlante d'actualité, du genre et du sexe, tout en offrant une grande leçon d’humanité.



Un immense merci aux Editions Denoël pour la découverte de cet ouvrage cinglant, atroce, émouvant mais surtout renversant.
Bruce, Brenda et David est une histoire vraie et ô combien bouleversante. Les personnages sont tous réels et l'ensemble des faits relatés dans ce livre est authentique.

A Winnipeg au Canada, nous sommes en 1965. Janet Reimer met au monde deux frères jumeaux, Brian et Bruce. Alors âgé de sept mois, l'un des jumeaux, Bruce, contracte une infection urinaire en raison d'un problème de phimosis.  Les médecins et les parents de Bruce se mettent alors d'accord pour une intervention chirurgicale qui se veut habituellement bénigne et pourtant à cause de l'incompétence d'un médecin et d'un personnel médical absent, l'opération va rater et la mauvaise cautérisation de la plaie va engendrer la perte complète du pénis du bébé. Les parents de Bruce, très jeunes parents, anéantis par ce malheur, décide de faire appel au Dr Money, psychologue soit disant brillant et pionnier dans le domaine du genre humain et du développement sexuel avec pour théorie "on ne naît pas femme, on le devient". C'est alors que Bruce va devenir Brenda élevée par ses parents comme une fille pour devenir une fille. Une réattribution sexuelle va alors être réalisée sur Bruce à ses vingt deux mois.
Les conséquences vont alors être désastreuses sur l'évolution psychologique de Bruce devenant Brenda et qui des années plus tard deviendra David.

Ce récit est un condensé de toute la douleur psychologique et morale que va rencontrer Bruce/Brenda/David durant toute son enfance et durant sa reconstruction (si tant est qu'elle soit réellement possible) à l'âge adulte. C'est sous le choc que l'on termine ce livre. C'est une réelle prise de conscience qu'il est nécessaire d'avoir après la lecture d'un tel récit.
La colère nous envahit littéralement.

Avant même de commencer à lire ce livre, je ne connaissais absolument pas l'histoire de David Reimer et sa famille, et c'est parce que ce témoignage m'a littéralement scotché que j'ai pris la peine d'aller consulter le net et m'apercevoir que cette histoire, (et le cas de David n'est malheureusement pas le seul comme l'explique l'auteur dans son récit) a fait couler beaucoup d'encre et ce encore aujourd'hui.
J'ai eu énormément de mal à lâcher ce bouquin pour faire ne serais-ce qu'une pause et dormir. Lu en deux jours et en quelques heures, on ne peut que ressortir tourmenté d'une telle lecture.

Ce récit met en avant toute la folie d'un médecin, le Dr. John Money (qu'il est plus facile de qualifier de psychopathe que de psychologue et sexologue) peu scrupuleux ayant permis à l'un de ses patients, Bruce/Brenda, de devenir à son insu et à celui de toute sa famille son cobaye juste pour faire avancer l'idéologie d'un homme complètement paraphrénique.

Sans vouloir intervenir sur le fond de l'histoire, car je pense personnellement que la théorie du genre est une absurdité intellectuelle, je m'interroge sur le point de départ de ce drame. Comment est-il possible qu'un chirurgien chargé de réaliser une circoncision puisse rater et faire accepter aux parents, à la suite de ce drame, de réaliser une ablation des testicules de leur enfant.
C'est la première chose qui m'a réellement frappé dans ce récit. Même si les parents du petit Bruce se sont retrouvés désemparés et perdus face à ce drame, le Dr Money a du en effet être très persuasif pour leur faire croire que l'acquis allait primer sur l'inné avec le temps et les décider à donner leur accord et faire ôter les testicules de leur bébé. C'est tout simplement affreux!
  
Rien que de relater les faits de ce récit, en tant que toute jeune maman, je n'arrive même pas à envisager ne serais-ce qu'une seule seconde de faire vivre un tel drame à mon enfant, car il s'agit réellement d'un drame!
Il est évident que le risque zéro n'existe pas même pour une opération qui se veut bénigne mais si déjà ce pauvre petit bébé s'est retrouvé accidentellement mutilé, cette décision irréversible est une seconde mutilation!

On comprends le mal être qui va régner dans la famille. Que ce soient les enfants la mère ou le père des enfants, tous auront des tendances dépressives et il n'est pas nécessaire d'être psychologue pour en comprendre le pourquoi. Même si les parents Reimer ont pensé qu'il pouvait s'agir de la meilleure solution avec un médecin les ayant embrigadés dans son délire en les persuadant à chaque fois qu'ils avaient pris la bonne décision, alors que tous les faits n'indiquaient que le contraire, comment arriver à vivre avec tout ça. Brenda ne montrera rien de féminin et restera persuadée qu'on lui cache quelque chose en rapport avec sa sexualité, jusqu'au jour où elle va faire la rencontre d'une pédopsychiatre qui sera voir les réels difficultés de Brenda et obliger ses parents à lui révéler la vérité.

Un livre choc dont on ne ressort pas indemne. On pense forcément à David et à toutes les souffrances de cet enfant devenu adulte avec toutes les difficultés du monde, les moqueries et les dépressions. Toutefois, comme le dit si bien l'auteur, on peut également souligner une ténacité et une combativité impressionnante face à autant d'épreuves psychologiques.

Note : 10/10

Et si vous souhaitez vous procurer "Bruce, Brenda et David" de John Colapinto, le lien est le suivant : http://www.denoel.fr/Catalogue/DENOEL/Impacts/Bruce-Brenda-et-David

dimanche 23 novembre 2014

Crazy Dana de Marina QUILICHINI




Crazy Dana
Marina QUILICHINI
Editions Mélibée
212 pages

Publication : novembre 2014
Genre : roman sentimental




Quatrième de couverture

Les «Wild Not» sont un groupe de Hard Rock des années soixante-dix qui tentent leur retour dans les années 2000, aidés par leur manager et attachée de presse Blue, qu’ils connaissent depuis près de 20 ans. Et pour cause, Blue a été la maîtresse de chacun d’entre eux quand elle était leur assistante. La troublante Dana, fille de Blue, vient travailler avec eux sur leur tournée de retour et tombe amoureuse du batteur du groupe, Duncan, mais une terrible révélation vient perturber cet amour naissant. Dana s’enfuit, abandonnant tout derrière elle et va se réfugier dans les bras de Stephen, un séduisant chanteur qui en fera une icône de la scène rock. Dana sombre, elle ne peut oublier son ancien amour et se laisse prendre au piège de la célébrité… Amour… Sexe… Drogue… Rock’n’roll.






Que j'aime les romans des éditions Mélibée!

Merci une fois encore à Julien et à cette auteure talentueuse, Marina QUILICHINI,  qui a de l'avenir devant elle.

Vous l'aurez compris, encore un très joli roman avec un style simple et des qualités indéniables que l'on peut souligner chez Marina QUILICHINI. L'auteure a un don naturel dans ses écrits et les dialogues de ses personnages pour faire passer énormément d'émotions et de sentiments.
Une auteure de plus qui a réussi à me faire pleurer.

Crazy Dana, c'est l'histoire d'un groupe de rock, les "Wild Not" qui tentent de revenir sur le devant de la scène avec l'aide de Blue leur manager et attachée de presse. Tous se connaissent depuis plus d'une vingtaine d'années et d'ailleurs Blue a été l'amante de chacun d'entre eux à l'époque où elle était leur assistante.
C'est alors qu'on fait la connaissance de Dana, le personnage principal de ce roman, la fille de Blue, qui vient travailler avec sa mère et avec l'ensemble du groupe sur leur nouvelle tournée. Mais c'est alors que Dana tombe amoureuse de Duncan, le batteur, mais cet amour va malheureusement être mis à mal à cause d'une cruelle révélation. Dana disparaît et se réfugie dans les bras de Stephen, un chanteur de rock qui était près à tout pour la conquérir. Ce dernier décide de la propulser sur le devant de la scène en tant que chanteuse de rock. Malheureusement, Dana qui n'arrive pas à oublier Duncan va progressivement glisser dans les pièges de la gloire : alcool, luxure et drogue.

Ce roman est un véritable condensé de multiples émotions : amour et haine, joie et déception, jalousie et indifférence, désir et dégoût, douceur et violence, et je pourrai continuer à dresser la liste.
Chaque personnage a été pensé avec minutie, chaque scène a été détaillée et imaginée de manière à plonger le lecteur sur le devant de la scène, comme si nous assistions et accompagnions Dana dans tous ses déboires. Même les scènes d'amour sont électrisantes.
L'auteure nous livre un roman émouvant nourrit en partie par son expérience en tant que chanteuse mais on peut également la gratifier de cette qualité qu'est celle de transmettre autant d'émois au travers de l'écriture, chose qui n'est pas toujours facile.


On s'attache très facilement au personnage de Dana, jeune femme qui a tout pour elle, belle, frêle et charmante aux yeux de tous les hommes. Discrète, elle n'a besoin d'aucun artifice pour fasciner la gent masculine.
Elle nous séduit et par moment, elle nous agace au point qu'on tenterai presque de vouloir la secouer pour la faire réagir. Mais nous sommes également capable de la comprendre, car quand nous sommes amenés à lire un livre, parfois il nous arrive de nous identifier en tant que lecteur au vécu de l'un des personnages, et c'est en effet dans la seconde partie de ce roman que je me suis laissée submerger. Il faut croire que même si la vie est semée d'embuches, un miracle peut toujours arriver quand on s'y attend le moins.

Duncan, autre personnage clé de ce roman nous séduit mais on regrette qu'il n'est pas été plus vigilant face à la descente aux enfers de Dana. Malgré tout, on y voit un homme aimant et qui n'aura d'yeux que pour elle tout au long de ce magnifique roman.

Enfin, l'auteure a délibérément (je pense) choisi de terminer son œuvre sur une sorte de fin ouverte afin de donner au lecteur tout le plaisir de s'imaginer une suite que l'on espère heureuse...
Oui elle le sera!

Une belle découverte !!

Note : 9/10

 Et si vous souhaitez vous procurer "Crazy Dana" de Marina QUILICHINI, le lien est le suivant : http://www.editions-melibee.com/livre.php?isbn=9782362524578

vendredi 21 novembre 2014

La Chica zombie de Laura Fernandez


La Chica Zombie
Laura Fernandez
Editions Denoël
Collection Y
368 pages

Parution : 6 novembre 2014
Traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon

Quatrième de couverture

Bienvenue dans le monde jubilatoire et déjanté de Laura Fernández. 

Dans la ville fictive d’Elron, à la fin des années 90, une poignée d’élèves et de professeurs se préparent au célèbre bal des Monstres du lycée Robert-Mitchum. Erin, seize ans, se réveille un matin et découvre avec effroi que ses cheveux sont pleins de vers, que ses doigts tombent les uns après les autres… Tout semble indiquer qu’elle est morte… Pourtant, malgré son odeur pestilentielle et sa chair en lambeaux, Erin doit quand même aller en cours. Elle cache son corps putréfié de zombie derrière des vêtements informes et du maquillage, et personne ne semble s’apercevoir de son état. 

Derrière un récit survolté et gorgé de références à la Pop culture se dessine une description juste de l’adolescence, entre exploration de soi et désir de se fondre dans la masse. Le tout servi par un style vif et original, un ton irrévérencieux et des rebondissements tout à fait loufoques.





Je remercie une nouvelle fois les éditions Denoël pour cette étonnante découverte.
Etonnante, car en effet cet ouvrage nous plonge dans un univers complètement loufoque et déjanté.
Ce roman tente de projeter une sorte de métaphore de l'adolescence.

La Chica Zombie, c'est l'histoire d'Erin Fancher, 16 ans, qui se réveille un matin complètement affligée : son corps est couvert de plaies, des vers nécrophages s'échappent de celles-ci et l'odeur qu'elle dégage est celle de la mort. En dépit de son apparence et de cette odeur délétère que son corps dégage, Erin doit continuer à aller en cours. Elle camoufle alors son corps et use de stratagèmes et de maquillage pour masquer son état. Personne ne semble finalement s'apercevoir de celui-ci.

Billy Servant, autre personnage central dans ce roman est tout aussi déjanté, sans doute encore plus que tous les autres. Si au début, il nous apparait comme l'être le plus ingrat et le plus pitoyable qui soit, finalement, il s'avère, au fil du roman, être la personne la plus compréhensive et tolérante et on découvre au final un être bien sympathique.

Laura Fernandez centre son ouvrage sur les difficultés que peuvent éprouver les adolescents et c'est avec pleins de rebondissements aussi farfelus les uns comme les autres que l'on découvre le personnage d'Erin entouré de ses acolytes tout aussi extravagants.
L'habileté de l'auteure, la fraîcheur qu'apporte Laura Fernandez dans cette spirale d'irréalité inonde le texte. L'auteure possède un don inné qu'est celui du naturel paradoxal et de l'humour noir.

Alors, Erin est-elle réellement dévorée par des vers ou ce qui lui arrive résulte-t-il uniquement de son imagination brutale et terrible d'une adolescente un peu perdue? Est-on en présence d'un roman qui traite de zombies au sens premier du terme?
Non,  ce qui est très plaisant justement dans cet ouvrage c'est l'idée même d'utiliser l'image des mort-vivants de manière à distiller la métaphore. La zombie n'est pas réellement un personnage au sens premier, c'est seulement l'idée que l'auteure tient à retenir. La morale de ce roman est de nous satiriser toute survie émotionnelle dans la jungle sociale dans laquelle nous vivons.  
Ce livre est un roman burlesque sur la dureté de l'adolescence mais c'est aussi une histoire sur la difficulté d'être soi-même.

Un petit bémol avec une fin de roman un peu étrange à mon goût mais qui n’entache en rien toutes les qualités de ce roman.

Un pur moment de fraîcheur malgré un titre sombre et une couverture de roman noire mais qui ne se prend guère au sérieux avec son style à la "Pacman" qui donne déjà un avant-goût du ton que l'auteure donne à son récit.   

Un petit clin d'oeil avec un tout petit extrait issu du roman qui revient de manière assez récurrente que j'adore : "- Ouais, c'est ça, et les éléphants ont des ailes".

Note : 8/10

Et si vous souhaitez vous procurer "La Chica zombie" de Laura Fernandez, le lien est le suivant : http://www.denoel.fr/Catalogue/DENOEL/Y/La-Chica-zombie



dimanche 16 novembre 2014

Renaissance, de Jean-Baptiste Dethieux



Renaissance
Jean-Baptiste Dethieux
Editions Taurnada
Collection Le Tourbillon des mots
186 pages

Parution : 10 septembre 2014
Genre : Thriller psychologique

Quatrième de couverture

Le psychiatre m’avait pourtant prévenu. Il ne fallait pas tenter cette plongée dans les abîmes, tout seul. Surtout pas ! Vouloir remonter le temps ou plutôt le dérouler sans l’aide d’un compagnon de route, d’un guide de haute montagne aguerri, grand connaisseur du terrain et de tous les pièges que représente cette virée dans les recoins de ma mémoire, c’était de la folie !



Renaissance est pour le moment le roman le plus surprenant qui j'ai été amené à lire depuis bien longtemps, car en effet, l'auteur Jean-Baptiste Dethieux nous embarque dans un thriller psychologique dans lequel le personnage principal n'est autre que la mémoire même du narrateur. 

Jean Malenc, journaliste de mode, n'a plus de nouvelles de sa femme l'ayant quittée quinze jours plus tôt emmenant avec elle leur fille Blanche. Suivi par un psychiatre, Jean qui ignore ses graves problèmes psychiatriques et ses importants troubles de la mémoire décide de partir seul à la recherche de sa femme et de sa fille.  

Si la mémoire du personnage se trouve être complètement ravagée moralement et psychologiquement, le lecteur se retrouve également plongé dans une confusion totale face aux incohérences mentales de Malenc.

L'auteur déroule son récit d'une main de maître et nous entraîne dans la mémoire défaillante de Jean au travers de ses souvenirs et dans l'imbroglio de sa mémoire anémiée. En tant que lecteur, nous sommes dans le même état d'esprit que Jean, nous sommes sa mémoire et par conséquent nous sommes complètement paumés et désorientés. L'immersion divagante est totale! Tout se bouscule : cauchemars, phénomènes étranges et apparitions fantomatiques.

Les compétences de l'auteur en matière de psychiatrie est un atout majeur. Jean-Baptiste Dethieux exploite divinement bien ce thriller psychologique tout en évitant d'inonder son lecteur de réflexions trop médicales et imbuvables.

Un seul petit bémol pour moi, une fin de roman un peu trop précipitée à mon goût, mais qui a tout de même le mérite d'être plutôt étonnante et renversante.

Pour tout cela, on ne peut que l'accueillir à bras ouverts et lui suggérer qu'une seule chose : poursuivre son talent pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

Merci aux éditions Taurnada et au site Livraddict pour cette belle découverte!


Note : 7,5/10