Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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dimanche 13 mai 2018

Le fruit de ma colère - Medhy Brunet


Le fruit de ma colère
Medhy Brunet

Editions Taurnada

225 pages


Synopsis

Le jour où Ackerman vient demander de l'aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé.

Il faut faire vite, agir rapidement.

Josey n'hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre. 
Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages. 
Et s'il était déjà trop tard?



Avis

Le fruit de ma colère, c'est la suite des aventures de Josey Kowalsky, le personnage principal de Sans raison.

L'avantage d'un tel roman, c'est que l'on y retrouve seulement le ou les protagonistes du premier opus et qu'il est donc possible de découvrir ce dernier sans en avoir lu le précédent.

Ce roman est un thriller noir, très noir voire Les chapitres y sont très courts. L'auteur alterne l'histoire de chacun des jumeaux. Les débuts de lecture peuvent parfois s'avérer en être déroutés. Toutefois, cette cadence donne au récit un rythme rapide, ardent, brutal et nerveux. Toutes les composantes se retrouvent réunis pour faire de ce genre de roman un très bon polar glauque, sombre et noir.

Medhy Brunet a le sens du rythme et un style personnel qui nous embarque inconsciemment en tant que lecteur dans cet univers psychologique et machiavélique au point que l'on se sent parfois mal à l'aise de lire les sévices et les tortures que subissent les personnages dans ces affreux cachots. Malgré tout cette tension, nous sommes fascinés. Fascinés par cette allure qui nous propulse dans les profondeurs perverses de l'être humain.

Beaucoup de sujets dérangeants sont abordés dans ce roman mais malgré les pratiques plutôt contestables et la bestialité des personnages, j'adore ces écorchés vifs, ces accidentés, ces personnalités martelés par la vie n'ayant plus rien à perdre si ce n'est qu'à survivre en composant avec leur instinct primaire.

L'auteur ne s’attarde pas sur la descriptions des lieux, mais il nous embarque dans un premier temps pour Paris, nous passons ensuite en Bretagne pour terminer en Irlande.

Pour finir, il vous faut avoir au moins lu un livre de Medhy Brunet. Pour les fans du genre polar bien noir, cet auteur sera indéniablement fait pour vous !

Merci à l'équipe Livraddict pour ce partenariat et aux Editions Taurnada.

Note : 9/10


samedi 28 avril 2018

L'aile des vierges - Laurence Peyrin


L'aile des vierges
Laurence Peyrin

468 pages
Parution : 28 mars 2018

Editions Calmann-Levy


Synopsis

Doit-on trahir ses convictions et ses rêves pour un peu de bonheur ?
Un extraordinaire portrait de femme libre.


Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le coeur lourd. Car aujourd’hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s’installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n’est pas chose aisée pour cette jeune femme cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu’elle n’est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d’un long chemin passionnel vers la liberté.


Avis

Dès les premiers chapitres entamés, j'ai cru plonger dans le décor de la série britannique Downton Abbey. C'est le genre de livre qui, lorsque vous le refermez, vous avez le sentiment d'avoir vécu quelque chose de magnétique avec les personnages.

Merci Laurence Peyrin pour cette histoire déchirante et palpitante. Merci aux Editions Calmann-Levy pour m'offrir du rêve avec ces incroyables découvertes littéraires. Jusqu'à présent seuls les romans d'amour de Nicholas Sparks arrivaient à me bouleverser, aujourd'hui Laurence Peyrin a rejoint définitivement mes auteurs favoris en matière de littératures romantiques et passionnées. Le style est puissant et profond.

Un roman sur un fonds d'après-guerre où l'on assiste à un amour interdit mais incroyablement brûlant entre Maggie, domestique dans le somptueux manoir du Kent au service des très riches Lyon-Thorpe, et Sir John Lyon-Thorpe qui n'est autre que son employeur.

Ce récit n'est pas qu'un roman d'amour, c'est aussi un roman choral et historique qui mets en avant les conditions de la femme et le début du mouvement des Suffragettes. Maggie est une citoyenne qui malgré son statut de servante et de femme, ose s'affirmer dans son besoin de reconnaissance sociale et dans celui du droit des femmes. Un personnage fort, combatif et déterminé qui cache également un humour caustique et une bonté d'âme notamment avec Papy Thorne.

Un roman et un couple qui m'a fait vibrer et pleurer. Le style de l'auteur m'a troublé. L'aile des vierges vous donne rendez-vous avec l’émotion, l'espoir, l'amour, les sacrifices mais aussi l'humour, le plaisir et les délices de la passion entre deux êtres et enfin la magie de l'écriture de Laurence Peyrin.

Note : 10/10

vendredi 23 mars 2018

L'île des chasseurs d'oiseaux de Peter May




L'île des chasseurs d'oiseaux

Peter May

Édition Babel Noir

Traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue



Synopsis

Marqué par la perte récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d'une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n'est pas revenu depuis dix-huit ans.


Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d'y être découvert. Cependant, dès l'autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires.

Sur cette île tempétueuse du nord de l'Écosse, couverte de landes, où l'on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie.

Marsaili, son premier amour, vit aujourd'hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l'expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d'hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs.

Que s'est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd'hui ?

Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l'histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes l'auteur tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page.




Mon avis

Une atmosphère sombre et tempétueuse comme je les aime. Un roman chronophage, prenant et terriblement addictif.

Les derniers chapitres de ce thriller psychologique sont tout simplement renversants. Revirement de situation. On ne voit rien venir. C'est juste excellent !
L'auteur nous fait vivre un thriller assez complexe qui combine enquête, psychologie et nostalgie du passé. Les analepses sont nombreuses et les révélations du passé nous conduisent à comprendre les événements du présent. Cette alternance entre passé et présent donne d'ailleurs de l'allure au récit. L'auteur s'emploie à revenir sur les souvenirs des nombreux personnages. En fin de compte, l'enquête policière n'est qu'un paravent, une cabriole de la part de Peter May pour nous inciter en tant que lecteur curieux et misanthrope à plonger dans l'enfance du narrateur et à prendre part à la vie insulaire des habitants de l'île de Lewis.

Nous sommes en présence d'un cocktail de genres qui tend à donner une tonalité particulière au récit : roman d'atmosphère, roman noir - sans tomber dans l'excès – et roman policier.
J'ai particulièrement apprécié le début de ce récit débutant avec la présence du médecin légiste, le Professeur Wilson. Sacré personnage ! On pense plonger dans un roman très sombre, gore et sanglant, mais finalement l'histoire s'oriente vers un huit-clos familial où de nombreux secrets vont être percés à jour.

Livre captivant en raison de son cadre d'ambiance : l’île de Lewis au nord-ouest de l’Écosse.
Un appel au voyage avec un style maîtrisé. Une écriture diaphane et incisive. Livre que l'on pourrait même classer dans la catégorie de roman psychologique avec le passé intimiste de l'inspecteur Fin. Cet homme, cet enfant qu'il a été. Les souffrances d'une vie aussi rude que la lande écossaise elle-même soufflée par la violence des vents...

On pourrait se surprendre à espérer en lire la suite en intégrant le cadre spatio-temporel de l'auteur... Être projeté au beau milieu de cette île, en bonne compagnie... Utopie certes, mais l'être humain a toujours été un éternel rêveur... Je suis une visionnaire qui ne voit que par les mots et qui se surprend à convoiter la solitude de contrées sauvages et bucoliques tel que l'atmosphère présent dans ce roman... 

Des clins d’œil à qui de droit...

« Le monde Marsaili, c'est comme le temps. On le change pas. Et on ne le façonne pas. C'est lui qui nous façonne » L'île des chasseurs, Peter May

« Trois choses qui arrivent sans qu'on demande : la peur, l'amour et la jalousie »
Proverbe gaélique




Note : 10/10

mercredi 28 février 2018

La Chambre des Merveilles de Julien Sandrel

La chambre des merveilles

Julien Sandrel
Editions Calmann-Levy

272 pages

Parution : 07/03/2018

Synopsis
Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.
Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

Avis
Vous connaissez la symbolique du phénix? Cet oiseau qui renaît de ses cendres... Avec La chambre des merveilles, j'aurai tendance à utiliser cette métaphore pour qualifier le roman de Julien Sandrel ... Renaître pour les uns et apprendre de ses erreurs tout en évitant de les reproduire pour les autres.
Ce livre qui se voudrait très triste (oui il l'est malgré tout) s'avère être in fine un pur moment d'amusement livresque. Alors certes on s'amuse, mais attention, on est aussi amené à pleurer avec ce roman, car si l'auteur badine avec le petit Louis, il s'octroie tout de même des pauses chargées d'émotions. Il est à l'image d'un petit bonbon acidulé : un équilibre parfait entre sucre et acidité.
Lire ce roman en étant maman, ce n'est certes pas l'idéal. On aurait tendance à transposer nos propres peurs en lisant un tel livre. Mais l'auteur ne fait pas dans le mélo-dramatique et son style est rafraîchissant, rapide et gourmand. On ne se lasse pas. Les réflexions internes du petit Louis sont rigolotes et surprenantes (poker face). J'ai adoré le style de ce gamin.
Je loue le courage de cette mère Thelma prête à tout pour son fils. Il y a de belles leçons de vie dans cette histoire, même si pour ma part je ne suis pas certaine qu'il soit possible de réaliser autant de choses pour tout le monde. Si l'on devait transposer cette fiction en une réalité, car certains parents se retrouvent malheureusement dans de telles situations, devant un tel désemparement, il est vrai que l'on serait près à déplacer des montagnes pour notre progéniture. Albert Einstein le disait « Seuls ceux qui tentent l’absurde peuvent réaliser l'impossible »
Je conseille la lecture de ce livre. Vraiment. C'est une merveille, à l'image de son titre.
Encore une fois, un grand merci aux Editions Calmann-Levy.

Note : 10/10


Vous pouvez me retrouver sur les sites :


Babelio https://www.babelio.com/livres/Sandrel-La-chambre-des-merveilles/1024283/critiques/1554718


Livraddict https://www.livraddict.com/profil/mapassionlitteraire/




mercredi 14 février 2018

Fantazmë de Niko Tackian


Fantazmë

Niko Tackian

Parution 03/01/2018

Editions Calmann-Levy Noir

Thème : Roman policier

Synopsis

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.

Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

Tomar et son équipe se lancent dans l’enquête et seront très vite troublés par le parcours des victimes, qui de leur vivant cultivaient carrément le sordide. Pourtant Tomar s’accroche à son devoir de flic, d’autant plus que son avenir lui semble menacé : un lieutenant teigneux de l’IGPN, la police des polices, a convoqué son adjointe, Rhonda, pour l’interroger sur un couteau, une pièce à conviction dans une affaire de meurtre mystérieusement disparue des Archives. Or, ce couteau, c’est celui de Tomar, et si on remonte jusqu’à lui…


Avis

Première lecture de Niko Tackian pour moi avec ce second opus, Fantazmë (« Spectre » en albanais). Je n’ai malheureusement pas eu la chance de lire Toxique, premier roman de l’auteur, mais si l’on s’en tient à la compréhension de ce polar dynamique, vous n’aurez nul besoin de cette première approche. Le style est simple et l’enquête du commandant Tomar Khan, du 36 Quai des Orfèvres, en apparence très classique se révèle finalement être une intrigue profonde mêlant des personnages touchants et ancrée dans une actualité déplorable en terme de respect des droits et des libertés fondamentales au regard des migrants et des réfugiés. Ce polar est très bon dans le sens où il fait appel à une conjoncture des plus concrètes. L’auteur donne un rythme soutenu à son roman. La réalité du monde dans lequel nous vivons, Nicko Tackian nous la fait ressentir dans son écriture et tente d’heurter au passage son lectorat avec les laissés pour compte, ceux qui vont être la proie des proxénètes, des trafiquants en tout genre et exploités comme main d’œuvre bon marché pour enrichir les réseaux mafieux…

On plonge dans les méandres de la Mafia albanaise qui sévit à Paris et dans ses proches banlieues avec des revirements étonnants…les oppresseurs deviennent les opprimés et les opprimés deviennent les oppresseurs… Finalement fiction et réalité se rejoignent de par l’omniprésence de cette actualité qui, malgré la forte propension à l’individualisme qui règne dans nos sociétés, heurte incontestablement notre sensibilité.

A côté de cela, nous avons affaire à un commandant, Tomar Khan dont la psychologie troublante laisse présager qu’un passé obscur et difficile le hante, l’obligeant à canaliser une sorte de violence par la pratique du sport, mais qui ne lâche rien pour autant.

Avec une dynamique de style plutôt pertinente et une atmosphère oppressante, poignante et un rythme effréné, Niko Tackian peut résolument se faire une petite place parmi les meilleurs auteurs de polars français. Avec des chapitres que j’espère un tout petit peu plus longs sur ces prochains opus, je suis désormais pressée de découvrir à nouveau la plume de Niko Tackian.

Un grand merci aux Editions Calmann-Levy pour leur confiance et cette belle découverte!

Note : 9/10

https://www.babelio.com/livres/Tackian-Fantazm/1010553/critiques/1554736

https://www.livraddict.com/profil/mapassionlitteraire/

samedi 6 janvier 2018

Millenium Tome 1 et 2 - Stieg Larsson

Millenium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes


Millenium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette


Stieg Larsson


Editions Actes Sud

Synopsis

Tome 1 :

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans.

Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. 

Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. 
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.


Tome 2 : 

Tandis que Lisbeth Salander coule des jours supposés tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkwist, réhabilité, plus célèbre et pugnace que jamais, s'apprête à publier dans Millénium un dossier aux allures de brûlot sur un trafic de prostituées des pays de l'Est impliquant des personnes haut placées. A son grand désarroi, Mikael n'a plus de nouvelles de Lisbeth depuis des mois, mais il la voit une nuit dans les rues de Stockholm échapper de justesse à une agression.

Quand les deux journalistes qui enquêtaient pour Millénium sont assassinés, Lisbeth, suspectée, se retrouve traquée par la police et les médias. Mikael sait ce qu'il lui doit, et compte bien payer sa dette.

Mêlant femmes violentées, crapules avides et sombres salopards l'intrigue trépidante de ce deuxième volet permet enfin d'éclairer le passé de l'une des héroïnes les plus originales et les plus fascinantes de l'histoire du polar, la cultissime Lisbeth. 

Avis

Les objets ont parfois une fonction symbolique et mémorielle. Aujourd'hui, ce sont ces deux premiers tomes qui s'avèrent l'être pour moi. Symbolique dans le sens où cette trilogie m'a été conseillée par une âme philanthrope, protagoniste de confiance. Merci ! Quelle belle découverte !!
Et mémorielle, parce qu'il y a des livres qui nous fascinent de part le caractère de certains personnages...Bien évidemment, je fais allusion à Lisbeth Salander ... Petit bout de femme asociale et charismatique... Tout ce que j'adore ! Quelqu'un aurait le numéro de Lisbeth Salander ?, je veux bien aller me heurter à sa noirceur... Nous devrions bien nous entendre...

Sérieusement, ces deux premiers tomes sont fascinants, bien ficelés et addictifs. J'aime être transportée quand je lis. J'ai été gâtée. Je me garde le dernier tome de Stieg Larsson bien au chaud. Paul Sweeney le disait « Vous savez que vous avez lu un bon livre lorsque quand vous tournez la dernière page vous avez la sensation que vous venez de perdre un ami »...
Cette série polar est pourtant un véritable pavé pour chacun de ses 3 tomes, mais ils restent toujours trop courts pour moi.

Les personnages principaux de Mickael et Lisbeth ont été fabuleusement bien construits par l'auteur. Ils sont attachants et leur vie, leurs démélés nous fascinent et ils finissent par nous embarquer avec eux dans leurs périples. L'univers est sombre et froid. Oui, nous sommes en Suède après tout. Un verre d'Aquavit pour vous réchauffer ?

Héros et anti-héros atypiques, thriller bien différent de ce que l'on connaît avec les polars américains... Nous sommes peut être en présence de personnages atypiques, mais au moins nous pouvons profiter d'un thriller réaliste dans un décor de poudreuse et de glace...
Une atmosphère complémentaire dans cette dualité : une saga sombre et tumultueuse dans un cadre blanc, calme et serein...

Les personnages secondaires tiennent une place très importantes et aucun n'a été bâclés ou réduits à une présence inutile.
J'avoue malgré tout que la teneur de ce récit nous tient en haleine grâce à la présence charismatique du personnage de Lisbeth. On rentre réellement dans l'histoire de Stieg Larsson quand la présence de cette nana surgit. Sans elle, le roman n'aurait pas la même teneur, ni la même saveur et serait invariablement plat. Femme complexe, mystérieuse, asociale, chétive sans être anorexique, brillante contrairement aux apparences et traînant un passé « merdique ». Fine psychologue, mémoire photographique ahurissante (on lui soupçonne même d'être atteinte d'un syndrome d' «  aspi »), fine analyste... Les scènes de violence et d'abus que subit cette fille sont parfois dures et difficiles à encaisser... Mais elle ramasse pour mieux riposter...

Mickaël Blomkvist, journaliste, est l'amant de toutes les femmes. Parce que ce type ne leur apparaît sans doute pas bien compliqué, elles terminent toutes dans son lit et lui ne s'interdit jamais de coucher aussi bien avec les femmes mûres qu'avec la pubère post-adolescente rachitique à l'image de la sombre anorexique... Toutes les femmes sont bonnes à satisfaire. 
Moi, je comprends pourquoi il « kiffe » tant cette fille, Lisbeth Salander.... Les opposés s'attirent... Lui est hyper sociable, elle, est carrément aux antipodes.. Mais, un détail les réuni, ils ont l'esprit aussi torturé l'un comme l'autre et ils sont tous les deux animés par la hargne d'aller jusqu'au bout de leur investigation. Ce sont des acharnés et ils ne sont efficaces que dans la difficulté voire l'adversité.

En ce qui concerne les intrigues de ces deux tomes, j'ai une préférence pour celle du premier. Possible que la découverte en soit la raison...

Je terminerai enfin cette longue chronique sur ce paragraphe : 
« Elle rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette. Elle le voyait imbibé d’essence. Elle pouvait sentir physiquement la boîte d’allumettes dans sa main. Elle la secouait. Ça faisait du bruit. Elle ouvrait la boîte et choisissait une allumette. Elle l’entendait dire quelque chose mais fermait ses oreilles et n’écoutait pas les mots. Elle voyait l’expression de son visage lorsqu’elle passait l’allumette sur le grattoir. Elle entendait le raclement du soufre contre le grattoir. On aurait dit un coup de tonnerre qui dure. Elle voyait le bout s’enflammer.
Elle esquissa un sourire totalement dépourvu de joie et se blinda.
C’était la nuit de ses treize ans. »

Les découvertes du genre, j'adore...!!!

Note : 10/10





samedi 25 novembre 2017

L'essence du Mal de Luca d'Andrea


L'essence du Mal

Luca d'Andrea

Editions Denoël

Traduit de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobz

464 pages

Collection Sueurs Froides 
Parution : 26/10/2017





Synopsis


En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l'œuvre d’un humain ou d’un animal. 
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération. 

Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.



Mon avis

Un roman tout en longueur qui n'a malheureusement pas réussi à m'embarquer.
L'histoire aurait pourtant pu me captiver si l'abus de dialogues et si la prolixité de certains chapitres n'étaient pas aussi présents.

L'ambiance « thriller » n'est pas au rendez-vous et la conquête de l'histoire a échoué en ce qui me concerne. Je n'ai pas réussi à me saisir du récit.

L'auteur a certes peaufiné le caractère de son principal personnage, Jeremiah Salinger, mais je trouve que Luca d'Andrea a négligé les autres protagonistes qui gravitent autour de lui.
A croire qu'ils ne sont présents par moment que dans le seul but de donner la réplique quand il est nécessaire de le faire. Façonner et renforcer le caractère des autres personnages aurait sans doute permis d'assurer une dimension plus caustique au récit.

L'intrigue reste tirée par les cheveux. La tension que l'auteur tente de créer dans ses derniers chapitres et les dernières révélations qui nous sont présentées font tomber l'histoire dans quelque chose d'excessif faisant perdre l'intérêt et la cohérence du récit déjà saturé par des longueurs n'apportant pas toujours grand chose au roman.

De ce récit, il en ressort tout de même un aspect positif. L'auteur réussit à planter un décor sauvage et hostile dans les montagnes du Tyrol du Sud mais l'ambiance oppressante que l'on attend désespéramment reste absente.

Un récit qui présentait un canevas intéressant mais qui finalement ne s'est en rien révélé comme tel.

Je remercie à nouveau les Editions Denoël pour cet envoi et la découverte de ce nouvel auteur.


Note : 4/10 

samedi 7 octobre 2017

Un appartement à Paris - Guillaume Musso


Un appartement à Paris

Guillaume Musso

Editions XO



Synopsis

« L’art est un mensonge qui dit la vérité… »
Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.
Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler.
À la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.
L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.
Guillaume Musso signe un thriller addictif et envoûtant porté par des personnages profondément humains. Une plongée vertigineuse dans le monde mystérieux de la création.


Mon avis

En principe, la maturité d'un auteur lui permet d'affiner son style, sa plume, ses ambitions en tant qu'écrivain. D'ailleurs, quand on lit les premiers romans de Guillaume Musso, on est assez étonné d'apprendre son âge,... à peine trente ans...

Je suis donc partie optimiste en commençant la lecture d'Un appartement à Paris. J'ai laissé un peu de côté cet auteur pour me consacrer à d'autres durant plusieurs mois... Finalement, il est fort probable que le fait d'avoir changer de registres m'a ouvert d'autres horizons et/ou ma maturité en tant que lectrice me rend aujourd'hui un peu critique au regard de ce type de romans.

La première partie d'Un appartement à Paris est somme toute très honorable, mais la suite a été pour moi d'un ennui assez pesant. Certains chapitres traînent en longueur et ne sont que superflus . On assiste à une fin précipitée, un peu trop fantasque pour un roman du genre.
Les rappels à l'art sont parfois lourds. Les personnages sont toujours aussi cabossés que dans ses précédents romans. Certes, heureusement, cela donne un peu de volume à l'histoire. Les dialogues sont parfois percutants.
Si son roman commence sur une base à priori romantique, finalement il se termine en un genre « polar ». D'accord, pourquoi pas...

Je trouve que G. Musso est devenu un très bon conteur d'histoires mais pas forcément un très bon auteur.
Plutôt déçue dans l'avancé de sa carrière d'auteur. J'aurai espéré une expansion en matière de style, mais rien. Nada.
Après, on sent qu'il y a un travail immense de recherche derrière chacun de ses romans, mais parfois il est préférable de choisir qualité à quantité.

Les fans de G. Musso m'en voudront certainement, mais après tout, il faut de la lecture et des univers pour tout le monde...

Note : 5/10

mercredi 4 octobre 2017

L'Inde de l'étrange "R" de Mahlya de Saint-Ange (déjà publiée en 2015)




L'Inde de l'étrange "R" 
Mahlya de Saint-Ange

180 pages

Editions Mélibée


Résumé 

Quatrième de couverture

La vie nous fait croire en nos ombres et lumières. Nous savons longtemps, avec assurance, qui nous sommes. Et puis… un événement roule lourdement sur notre quotidien. On se retourne, on brave le présent, on revendique haut et fort nos certitudes. Notre vécu doit nous donner raison et nous permettre d’envisager lucidement tous nos chemins. On détient une vérité, celle de nos habitudes, de notre religion, celle de notre éducation, de notre pays. Un grain de sable pourtant nous arrête. On crie, on s’érige, mais on sait. Pourquoi donc est-il soudain plus difficile d’avancer, toujours avec arrogance, en grandes enjambées, sur l’inattendu ? On traverse une période de recyclage mais on réfute le nouveau moi et puis…

Le pardon est-il difficile ? Qu’est-ce qui le rend possible ? Pardonner, est-ce oublier, effacer un peu une plaie, cicatriser par un sourire humoristique, se dire qu’il y a déjà tant et trop de guerres pour encore en fomenter une nouvelle, personnelle ? Pardonner, est-ce s’attacher à d’autres voies, se surcharger de bénévolat, ou changer en profondeur, en délicatesse, sans rêver d’un monde meilleur ?

« La meilleure façon de ne pas avancer, c’est de suivre une idée fixe.» (Jacques Prévert)

« Partir de ce qu’on croit savoir, et tirer sur le fil en souhaitant qu’il se brise.» (Jean Rostand)

« Faire état des défauts d’autrui est déplorable, y penser est perturbateur, en parler est dévastateur. Aussi, n’énoncez rien, afin qu’ils disparaissent dans le vide.» (Dromtonpa Tibet 1005-1061)

« Quand il me vient de larmoyer à la suite d'une infamie, je pardonne au monde et je m'excuse de m'y être exposé.» (Soumaïla)


Mon avis


Grace aux Editions Mélibée, c'est le second roman de Mahlya de Saint-Ange que j'ai été amenée à lire.

Je retrouve le style même de Mahlya dans ces pages avec un livre fort et un voyage qui nous embarque dans une Inde où règne une infinité de paradoxes aussi bien visuels qu'intellectuels. Au travers du personnage principal Dominique, nous sommes en partance pour une longue expédition en quête d'une demi-sœur cachée et introuvable.

Durant son périple, nous découvrons un paysage où se côtoie beauté et laideur, richesse et pauvreté et où les subtils mélanges de parfum d'épices se confondent aux odeurs pestilentielles des rues.

Nous débarquons dans un autre monde où les animaux sont perçus comme des Dieux. C'est un véritable choc culturel pour Dominique. Tous ses repères se perdent mais bizarrement elle nous explique qu'il y règne malgré tout comme une sorte de plénitude.

Ce livre est surtout un voyage initiatique sur l'Inde tel que l'auteure tente de nous le faire découvrir.
Riche de sa diversité et de contrastes violents, nous découvrons aussi un pays où le poids des traditions est omniprésente et dicte les règles de la société indienne. 

Je me suis également permise de faire une photo en gros plan de la couverture de ce roman. Vous y voyez des poussins de toutes les couleurs. C'est une chose très répandue en Inde et cette photo marque toute l'ambivalence de ce pays où les animaux pourtant considérés comme sacrés sont manipulés et utilisés sans scrupules pour attirer les touristes en mal d'amusement.


A côté de cela, ce livre est aussi une ouverture sur la capacité en tant qu'être à pardonner.
J'aime beaucoup les récits de voyage qui me fascinent de part leurs destinations lointaines. Malgré le fait que ce livre reste avant tout un roman, je l'ai lu avec grand plaisir et je pense personnellement qu'il plaira encore plus aux lecteurs qui sont déjà allés en Inde et qui ont appréciés, ou au contraire, détestés tous les paradoxes de ce pays si étranger.

Note : 9/10

Si vous souhaitez vous procurez ce livre, le lien est le suivant : http://www.editions-melibee.com/catalogue/9782362525711-l-inde-de-l-etrange-r/




dimanche 19 mars 2017

Elle voulait juste marcher tout droit - Sarah Baruck - Editions Albin Michel

Elle voulait juste marcher tout droit
Sarah Baruck

Editions Albin Michel
432 pages
Parution : Février 2017


Synopsis

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.

C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.


Avis

Un nouveau coup de cœur avec le roman « Elle voulait juste marcher tout droit" de Sarah Baruck.

Sur un fond de seconde guerre mondiale, Sarah Baruck remonte le temps et décide de placer son récit sous le regard d'une enfant âgée de seulement 5 ans en début de roman. 
Un pari osé mais un pari gagné !

Tout commence dans la campagne de Salies-de-Béarn où la petite Alice vit avec Jeanne, sa nourrice.
La guerre fait rage mais la petite et la nourrice vivent plus ou moins éloignées de cette dure réalité. Malgré tout Alice s'interroge et ne comprends pas pourquoi il est nécessaire de faire profil bas.

Puis un jour, la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie marque enfin la fin de cette abominable guerre mais pour Alice c'est aussi le début d'une nouvelle vie. En effet, sa mère,Diane, cette femme qu'elle ne connaît pas et qui lui fait terriblement peur de part sa maigreur, débarque chez Jeanne et repart avec Alice pour Paris. Alice se sent arrachée des bras tendres et affectueux de Jeanne. Mais qui donc est cette femme froide, pâle, maigre, silencieuse et tatouée d'une suite de chiffre sur son avant-bras ?

Sa mère est distante et ne lui donne aucune marque d’affection. Alice qui espérait depuis toujours connaître la femme qui l'avait mise au monde, la vie à Paris ne va pas être si facile. Elle fait tout de même des rencontres agréables notamment celle de Jean-Joseph, le petit voisin juif et Marcel, qui chaque jour,va consulter les «listes»

Du printemps 43 à l'été 47, nous suivons cette guerre et cette après-guerre sous le regard de cette gamine et son contingent de soucis qu'elle va devoir affronter. Entre climat d'angoisse et tendres moments avec notamment le rapprochement avec son oncle Vadim dont elle fera la connaissance en étant envoyée à New York rejoindre son soit-disant père, l'auteur nous offre un roman émouvant et pleins de rebondissements ponctués par les nombreuses questions que se posent Alice sur ses origines, sa mère, son père, son oncle Vadim et sur cette guerre en général.

Un tout petit bémol sur la dernière partie du roman où je trouve les capacités de la jeune femme un peu trop improbables à mon sens sur son potentiel à soulever de lourdes charges à seulement à peine 10 ans. Cependant cet aspect n'a absolument pas entaché ma vision globale du roman.

Un très bon moment de lecture !


Merci encore aux Editions Albin Michel pour cette belle rencontre.

Note : 10/10

dimanche 12 mars 2017

Profil bas de Liz Nugent - Editions Denoël

Profil bas
Liz Nugent

Editions Denoël
400 pages
Thriller psychologique

Trad. de l'anglais (Irlande) par Pierre Ménard








Synopsis

«Mon mari n’avait pas l’intention de tuer Annie Doyle, mais cette petite menteuse l’avait bien cherché.» 



Lydia vit dans une superbe demeure dublinoise avec son mari, le très respectable juge Fitzsimons, et leur fils adolescent. Ils forment une famille unie et heureuse. Il manque juste un petit quelque chose pour que le bonheur de Lydia soit total… et ce petit quelque chose, elle est prête à tout pour l’obtenir. Même à tuer? 


Comme dans Oliver ou La fabrique d'un manipulateur (Denoël, 2015), Liz Nugent nous livre les pensées les plus sombres d’un être capable de causer la perte de tous ceux qu’elle aime sans éprouver le moindre remords.


Avis

Après mon précédent coup de cœur avec « Oliver ou la fabrique d'un manipulateur », Liz Nugent a de nouveau réussi à me surprendre avec ce nouveau roman « Profil Bas ».

Se heurter à l'écriture d'un éventuel résumé de l'histoire qui se « profile » dans « Profil bas » serait un peu présomptueux de ma part tant les rebondissements et les événements se multiplient. Le danger ici avec une telle lecture c'est de se risquer à trop en dire. Souhaitant conserver l'intrigue prenante de l'histoire, je préfère me concentrer sur le style et la plume de l'auteur toujours aussi vifs et croustillants. Disséquer au fur et à mesure le caractère des personnages soigneusement peaufinés par l'auteure est un véritablement délice pour le lecteur. Liz Nugent possède un véritable don de fine psychologue.

Le titre de ce roman révèle parfaitement l'atmosphère sombre et poignante de l'histoire qui se déroule autour de la disparition d'Annie. J'insiste sur les qualités remarquables de l'auteur. Liz Nugent possède une aptitude inouïe pour donner de la profondeur à ses personnages. Elle les connaît par cœur, de leurs plus sombres secrets, à leurs plus effroyables aveux. Tout est passé en revu. On s'attache facilement à Lawrence, cet anti-héros pragmatique malgré lui. Personnage un peu étrange au premier abord, attachant au second, mais qui entretient sans doute involontairement une apparence un peu troublante tout au long du récit. Comment Lawrence peut continuer à vivre avec de tels secrets enfouis ? Comment ne pas devenir complètement fou après une telle découverte ? La sagacité des personnages est en marche !

Ce roman est un très beau thriller psychologique. On embarque volontiers dans la tourmente du personnage principal. Parfois on s'énerve de ses prises de décisions et puis surtout on maudit cette satanée Lydia. Oh que oui ! Quel ignoble personnage cette Lydia, mais quelle belle résultante pour Liz Nugent. Avec de tels protagonistes et une intrigue aussi fallacieuse que celle-ci, on ne peut qu'être ravi d'avoir partager plusieurs heures avec l'esprit tourmenté des personnages de Liz Nugent !

Note : 10/10



lundi 30 janvier 2017

Les herbes folles de Philippe Fréling - Editions Denoël

Les herbes folles

Philippe Fréling

Editions Denoël

208 pages

Collection : roman français


Parution : 12-01-2017






Synopsis

Elle vit quelque part en province, dans la France des années 50, celle de la guerre d’Algérie. Elle connaît un premier homme, il lui fait un enfant. À cet homme on la marie. Il est absent, infidèle. Le divorce prononcé, la jeune femme laisse son enfant à sa mère, part travailler en ville. Ouvreuse dans un cinéma, un soir où on projette Johnny Guitar, elle fait la rencontre d’un deuxième homme. Il est militaire. Ils vont à l’hôtel, passent quelques nuits ensemble. Un matin, le militaire s’en va rejoindre son régiment en Algérie. Lui a-t-il fait un enfant? Elle le craint. Elle l’espère. Elle décide que oui. Très vite, elle en a la confirmation : elle porte un enfant de cet homme parti là-bas, faire la guerre. Il est le père de son enfant, il faut qu’il le soit. Il est son mari, il faut qu’il le devienne. Elle est prête à tout pour ça. Une question de vie ou de mort. D’amour peut-être. 


Voici l’histoire de cette femme et de ses deux enfants : comment avec elle ils viennent au monde ; comment, dans les herbes folles, ils viennent à la vie.


Avis
Avec pour toile de fond narrative la guerre d'Algérie, ce roman transpire de simplicité et de bons sentiments. Malgré la présence de protagonistes sans nom, déroutant ou non, ce récit m'a véritablement séduit de part ses qualités angéliques.

L'auteur Philippe Fréling s'intéresse principalement au message qu'il désire transmettre.
Avec un style feutré, simple et une tonalité qui se veut universelle, nous sommes témoin de la combativité d'une jeune femme qui rêve d'une vie meilleure, qui se cramponne à tout prix à l'idée que ce nouvel amant, militaire, parti au front en la laissant avec un ventre qui s'arrondit chaque jour, sera un jour son mari et le père de ses enfants.

Il ressort de ce récit beaucoup de candeur, de naïveté, de douceur mais surtout d'amour face aux difficultés du quotidien qui ne sont rien comparer à l'angoisse et à l'attente des jours et des mois qui défilent.

Cette guerre d'indépendance prendra-t-elle fin un jour ?
L’innocence de cette femme ne sera-t-elle pas mise à rude épreuve ?

Entre une demande de permission qui n'aboutira jamais, cet amant qui lui a avoué ses sentiments et qui lui a promis de se marier un jour avec elle et d’élever ensemble leurs enfants, ce roman marque tout simplement les difficultés liées à la naïveté d'une jeunesse qui s'affranchit et qui veut se libérer des idées conservatrices et de la peur, refusant tout simplement un destin tracé d'avance.

Les dernières pages de ce roman m'ont toutefois troublées. La symbolique m'a sans doute échappée ou n'ai-je tout simplement pas compris l'anagogie de l'auteur en cette fin de roman et où ce dernier souhaite nous conduire.

Un grand merci aux Editions Denoël pour cette nouvelle découverte.
Note : 8/10