Petite présentation (par Cécile V.)


Ce blog, c'est celui d'une mordue de littérature. En effet, la lecture est ma passion et elle ne s'arrange pas avec l'âge pour mon plus grand plaisir.

Modestement, je souhaite juste démêler mes impressions, mes idées et mes suggestions qui me viennent lorsqu'entre mes mains, un livre s'achève, une dernière page se tourne, une histoire se finit et quand toute aventure de lecture prend fin. C’est alors que l’écriture rentre en jeu en tentant au maximum de trouver les mots justes, les tournures adéquates pour exprimer le fonds de mes pensées, de mes sentiments, de ce qui à mon sens aurait du être ou ne pas être. Bien évidemment, ce n’est qu’un humble avis qui ne se veut pas universel, ni juste, mais raisonné et pourquoi pas, vous apporter quelques bons conseils et pistes de futures nouvelles lectures.

Vous l'aurez sans doute compris, la lecture est un monde tellement à part, tellement supérieur que s’exercer à la critique n’est qu’une façon détournée de prolonger un instant cet événement hors du temps pour en jouir.

Cécile

Verba volant. Scripta manent.


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samedi 25 novembre 2017

L'essence du Mal de Luca d'Andrea

L'essence du Mal

Luca d'Andrea

Editions Denoël

Traduit de l'italien par Anaïs Bouteille-Bokobz

464 pages

Collection Sueurs Froides 
Parution : 26/10/2017





Synopsis


En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l'œuvre d’un humain ou d’un animal. 
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération. 

Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.



Mon avis

Un roman tout en longueur qui n'a malheureusement pas réussi à m'embarquer.
L'histoire aurait pourtant pu me captiver si l'abus de dialogues et si la prolixité de certains chapitres n'étaient pas aussi présents.

L'ambiance « thriller » n'est pas au rendez-vous et la conquête de l'histoire a échoué en ce qui me concerne. Je n'ai pas réussi à me saisir du récit.

L'auteur a certes peaufiné le caractère de son principal personnage, Jeremiah Salinger, mais je trouve que Luca d'Andrea a négligé les autres protagonistes qui gravitent autour de lui.
A croire qu'ils ne sont présents par moment que dans le seul but de donner la réplique quand il est nécessaire de le faire. Façonner et renforcer le caractère des autres personnages aurait sans doute permis d'assurer une dimension plus caustique au récit.

L'intrigue reste tirée par les cheveux. La tension que l'auteur tente de créer dans ses derniers chapitres et les dernières révélations qui nous sont présentées font tomber l'histoire dans quelque chose d'excessif faisant perdre l'intérêt et la cohérence du récit déjà saturé par des longueurs n'apportant pas toujours grand chose au roman.

De ce récit, il en ressort tout de même un aspect positif. L'auteur réussit à planter un décor sauvage et hostile dans les montagnes du Tyrol du Sud mais l'ambiance oppressante que l'on attend désespéramment reste absente.

Un récit qui présentait un canevas intéressant mais qui finalement ne s'est en rien révélé comme tel.

Je remercie à nouveau les Editions Denoël pour cet envoi et la découverte de ce nouvel auteur.


Note : 4/10 

samedi 7 octobre 2017

Un appartement à Paris - Guillaume Musso


Un appartement à Paris

Guillaume Musso

Editions XO



Synopsis

« L’art est un mensonge qui dit la vérité… »
Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.
Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler.
À la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.
L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.
Guillaume Musso signe un thriller addictif et envoûtant porté par des personnages profondément humains. Une plongée vertigineuse dans le monde mystérieux de la création.


Mon avis

En principe, la maturité d'un auteur lui permet d'affiner son style, sa plume, ses ambitions en tant qu'écrivain. D'ailleurs, quand on lit les premiers romans de Guillaume Musso, on est assez étonné d'apprendre son âge,... à peine trente ans...

Je suis donc partie optimiste en commençant la lecture d'Un appartement à Paris. J'ai laissé un peu de côté cet auteur pour me consacrer à d'autres durant plusieurs mois... Finalement, il est fort probable que le fait d'avoir changer de registres m'a ouvert d'autres horizons et/ou ma maturité en tant que lectrice me rend aujourd'hui un peu critique au regard de ce type de romans.

La première partie d'Un appartement à Paris est somme toute très honorable, mais la suite a été pour moi d'un ennui assez pesant. Certains chapitres traînent en longueur et ne sont que superflus . On assiste à une fin précipitée, un peu trop fantasque pour un roman du genre.
Les rappels à l'art sont parfois lourds. Les personnages sont toujours aussi cabossés que dans ses précédents romans. Certes, heureusement, cela donne un peu de volume à l'histoire. Les dialogues sont parfois percutants.
Si son roman commence sur une base à priori romantique, finalement il se termine en un genre « polar ». D'accord, pourquoi pas...

Je trouve que G. Musso est devenu un très bon conteur d'histoires mais pas forcément un très bon auteur.
Plutôt déçue dans l'avancé de sa carrière d'auteur. J'aurai espéré une expansion en matière de style, mais rien. Nada.
Après, on sent qu'il y a un travail immense de recherche derrière chacun de ses romans, mais parfois il est préférable de choisir qualité à quantité.

Les fans de G. Musso m'en voudront certainement, mais après tout, il faut de la lecture et des univers pour tout le monde...

Note : 5/10

mercredi 4 octobre 2017

Les plus belles récompenses que l'on peut recevoir d'un auteur...







L'Inde de l'étrange "R" de Mahlya de Saint-Ange (déjà publiée en 2015)




L'Inde de l'étrange "R" 
Mahlya de Saint-Ange

180 pages

Editions Mélibée


Résumé 

Quatrième de couverture

La vie nous fait croire en nos ombres et lumières. Nous savons longtemps, avec assurance, qui nous sommes. Et puis… un événement roule lourdement sur notre quotidien. On se retourne, on brave le présent, on revendique haut et fort nos certitudes. Notre vécu doit nous donner raison et nous permettre d’envisager lucidement tous nos chemins. On détient une vérité, celle de nos habitudes, de notre religion, celle de notre éducation, de notre pays. Un grain de sable pourtant nous arrête. On crie, on s’érige, mais on sait. Pourquoi donc est-il soudain plus difficile d’avancer, toujours avec arrogance, en grandes enjambées, sur l’inattendu ? On traverse une période de recyclage mais on réfute le nouveau moi et puis…

Le pardon est-il difficile ? Qu’est-ce qui le rend possible ? Pardonner, est-ce oublier, effacer un peu une plaie, cicatriser par un sourire humoristique, se dire qu’il y a déjà tant et trop de guerres pour encore en fomenter une nouvelle, personnelle ? Pardonner, est-ce s’attacher à d’autres voies, se surcharger de bénévolat, ou changer en profondeur, en délicatesse, sans rêver d’un monde meilleur ?

« La meilleure façon de ne pas avancer, c’est de suivre une idée fixe.» (Jacques Prévert)

« Partir de ce qu’on croit savoir, et tirer sur le fil en souhaitant qu’il se brise.» (Jean Rostand)

« Faire état des défauts d’autrui est déplorable, y penser est perturbateur, en parler est dévastateur. Aussi, n’énoncez rien, afin qu’ils disparaissent dans le vide.» (Dromtonpa Tibet 1005-1061)

« Quand il me vient de larmoyer à la suite d'une infamie, je pardonne au monde et je m'excuse de m'y être exposé.» (Soumaïla)


Mon avis


Grace aux Editions Mélibée, c'est le second roman de Mahlya de Saint-Ange que j'ai été amenée à lire.

Je retrouve le style même de Mahlya dans ces pages avec un livre fort et un voyage qui nous embarque dans une Inde où règne une infinité de paradoxes aussi bien visuels qu'intellectuels. Au travers du personnage principal Dominique, nous sommes en partance pour une longue expédition en quête d'une demi-sœur cachée et introuvable.

Durant son périple, nous découvrons un paysage où se côtoie beauté et laideur, richesse et pauvreté et où les subtils mélanges de parfum d'épices se confondent aux odeurs pestilentielles des rues.

Nous débarquons dans un autre monde où les animaux sont perçus comme des Dieux. C'est un véritable choc culturel pour Dominique. Tous ses repères se perdent mais bizarrement elle nous explique qu'il y règne malgré tout comme une sorte de plénitude.

Ce livre est surtout un voyage initiatique sur l'Inde tel que l'auteure tente de nous le faire découvrir.
Riche de sa diversité et de contrastes violents, nous découvrons aussi un pays où le poids des traditions est omniprésente et dicte les règles de la société indienne. 

Je me suis également permise de faire une photo en gros plan de la couverture de ce roman. Vous y voyez des poussins de toutes les couleurs. C'est une chose très répandue en Inde et cette photo marque toute l'ambivalence de ce pays où les animaux pourtant considérés comme sacrés sont manipulés et utilisés sans scrupules pour attirer les touristes en mal d'amusement.


A côté de cela, ce livre est aussi une ouverture sur la capacité en tant qu'être à pardonner.
J'aime beaucoup les récits de voyage qui me fascinent de part leurs destinations lointaines. Malgré le fait que ce livre reste avant tout un roman, je l'ai lu avec grand plaisir et je pense personnellement qu'il plaira encore plus aux lecteurs qui sont déjà allés en Inde et qui ont appréciés, ou au contraire, détestés tous les paradoxes de ce pays si étranger.

Note : 9/10

Si vous souhaitez vous procurez ce livre, le lien est le suivant : http://www.editions-melibee.com/catalogue/9782362525711-l-inde-de-l-etrange-r/

La plus belle récompense que l'on peut recevoir d'un auteur...


dimanche 19 mars 2017

Elle voulait juste marcher tout droit - Sarah Baruck - Editions Albin Michel

Elle voulait juste marcher tout droit
Sarah Baruck

Editions Albin Michel
432 pages
Parution : Février 2017


Synopsis

1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.

C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.


Avis

Un nouveau coup de cœur avec le roman « Elle voulait juste marcher tout droit" de Sarah Baruck.

Sur un fond de seconde guerre mondiale, Sarah Baruck remonte le temps et décide de placer son récit sous le regard d'une enfant âgée de seulement 5 ans en début de roman. 
Un pari osé mais un pari gagné !

Tout commence dans la campagne de Salies-de-Béarn où la petite Alice vit avec Jeanne, sa nourrice.
La guerre fait rage mais la petite et la nourrice vivent plus ou moins éloignées de cette dure réalité. Malgré tout Alice s'interroge et ne comprends pas pourquoi il est nécessaire de faire profil bas.

Puis un jour, la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie marque enfin la fin de cette abominable guerre mais pour Alice c'est aussi le début d'une nouvelle vie. En effet, sa mère,Diane, cette femme qu'elle ne connaît pas et qui lui fait terriblement peur de part sa maigreur, débarque chez Jeanne et repart avec Alice pour Paris. Alice se sent arrachée des bras tendres et affectueux de Jeanne. Mais qui donc est cette femme froide, pâle, maigre, silencieuse et tatouée d'une suite de chiffre sur son avant-bras ?

Sa mère est distante et ne lui donne aucune marque d’affection. Alice qui espérait depuis toujours connaître la femme qui l'avait mise au monde, la vie à Paris ne va pas être si facile. Elle fait tout de même des rencontres agréables notamment celle de Jean-Joseph, le petit voisin juif et Marcel, qui chaque jour,va consulter les «listes»

Du printemps 43 à l'été 47, nous suivons cette guerre et cette après-guerre sous le regard de cette gamine et son contingent de soucis qu'elle va devoir affronter. Entre climat d'angoisse et tendres moments avec notamment le rapprochement avec son oncle Vadim dont elle fera la connaissance en étant envoyée à New York rejoindre son soit-disant père, l'auteur nous offre un roman émouvant et pleins de rebondissements ponctués par les nombreuses questions que se posent Alice sur ses origines, sa mère, son père, son oncle Vadim et sur cette guerre en général.

Un tout petit bémol sur la dernière partie du roman où je trouve les capacités de la jeune femme un peu trop improbables à mon sens sur son potentiel à soulever de lourdes charges à seulement à peine 10 ans. Cependant cet aspect n'a absolument pas entaché ma vision globale du roman.

Un très bon moment de lecture !


Merci encore aux Editions Albin Michel pour cette belle rencontre.

Note : 10/10

dimanche 12 mars 2017

Profil bas de Liz Nugent - Editions Denoël

Profil bas
Liz Nugent

Editions Denoël
400 pages
Thriller psychologique

Trad. de l'anglais (Irlande) par Pierre Ménard








Synopsis

«Mon mari n’avait pas l’intention de tuer Annie Doyle, mais cette petite menteuse l’avait bien cherché.» 



Lydia vit dans une superbe demeure dublinoise avec son mari, le très respectable juge Fitzsimons, et leur fils adolescent. Ils forment une famille unie et heureuse. Il manque juste un petit quelque chose pour que le bonheur de Lydia soit total… et ce petit quelque chose, elle est prête à tout pour l’obtenir. Même à tuer? 


Comme dans Oliver ou La fabrique d'un manipulateur (Denoël, 2015), Liz Nugent nous livre les pensées les plus sombres d’un être capable de causer la perte de tous ceux qu’elle aime sans éprouver le moindre remords.


Avis

Après mon précédent coup de cœur avec « Oliver ou la fabrique d'un manipulateur », Liz Nugent a de nouveau réussi à me surprendre avec ce nouveau roman « Profil Bas ».

Se heurter à l'écriture d'un éventuel résumé de l'histoire qui se « profile » dans « Profil bas » serait un peu présomptueux de ma part tant les rebondissements et les événements se multiplient. Le danger ici avec une telle lecture c'est de se risquer à trop en dire. Souhaitant conserver l'intrigue prenante de l'histoire, je préfère me concentrer sur le style et la plume de l'auteur toujours aussi vifs et croustillants. Disséquer au fur et à mesure le caractère des personnages soigneusement peaufinés par l'auteure est un véritablement délice pour le lecteur. Liz Nugent possède un véritable don de fine psychologue.

Le titre de ce roman révèle parfaitement l'atmosphère sombre et poignante de l'histoire qui se déroule autour de la disparition d'Annie. J'insiste sur les qualités remarquables de l'auteur. Liz Nugent possède une aptitude inouïe pour donner de la profondeur à ses personnages. Elle les connaît par cœur, de leurs plus sombres secrets, à leurs plus effroyables aveux. Tout est passé en revu. On s'attache facilement à Lawrence, cet anti-héros pragmatique malgré lui. Personnage un peu étrange au premier abord, attachant au second, mais qui entretient sans doute involontairement une apparence un peu troublante tout au long du récit. Comment Lawrence peut continuer à vivre avec de tels secrets enfouis ? Comment ne pas devenir complètement fou après une telle découverte ? La sagacité des personnages est en marche !

Ce roman est un très beau thriller psychologique. On embarque volontiers dans la tourmente du personnage principal. Parfois on s'énerve de ses prises de décisions et puis surtout on maudit cette satanée Lydia. Oh que oui ! Quel ignoble personnage cette Lydia, mais quelle belle résultante pour Liz Nugent. Avec de tels protagonistes et une intrigue aussi fallacieuse que celle-ci, on ne peut qu'être ravi d'avoir partager plusieurs heures avec l'esprit tourmenté des personnages de Liz Nugent !

Note : 10/10



lundi 30 janvier 2017

Les herbes folles de Philippe Fréling - Editions Denoël

Les herbes folles

Philippe Fréling

Editions Denoël

208 pages

Collection : roman français


Parution : 12-01-2017






Synopsis

Elle vit quelque part en province, dans la France des années 50, celle de la guerre d’Algérie. Elle connaît un premier homme, il lui fait un enfant. À cet homme on la marie. Il est absent, infidèle. Le divorce prononcé, la jeune femme laisse son enfant à sa mère, part travailler en ville. Ouvreuse dans un cinéma, un soir où on projette Johnny Guitar, elle fait la rencontre d’un deuxième homme. Il est militaire. Ils vont à l’hôtel, passent quelques nuits ensemble. Un matin, le militaire s’en va rejoindre son régiment en Algérie. Lui a-t-il fait un enfant? Elle le craint. Elle l’espère. Elle décide que oui. Très vite, elle en a la confirmation : elle porte un enfant de cet homme parti là-bas, faire la guerre. Il est le père de son enfant, il faut qu’il le soit. Il est son mari, il faut qu’il le devienne. Elle est prête à tout pour ça. Une question de vie ou de mort. D’amour peut-être. 


Voici l’histoire de cette femme et de ses deux enfants : comment avec elle ils viennent au monde ; comment, dans les herbes folles, ils viennent à la vie.


Avis
Avec pour toile de fond narrative la guerre d'Algérie, ce roman transpire de simplicité et de bons sentiments. Malgré la présence de protagonistes sans nom, déroutant ou non, ce récit m'a véritablement séduit de part ses qualités angéliques.

L'auteur Philippe Fréling s'intéresse principalement au message qu'il désire transmettre.
Avec un style feutré, simple et une tonalité qui se veut universelle, nous sommes témoin de la combativité d'une jeune femme qui rêve d'une vie meilleure, qui se cramponne à tout prix à l'idée que ce nouvel amant, militaire, parti au front en la laissant avec un ventre qui s'arrondit chaque jour, sera un jour son mari et le père de ses enfants.

Il ressort de ce récit beaucoup de candeur, de naïveté, de douceur mais surtout d'amour face aux difficultés du quotidien qui ne sont rien comparer à l'angoisse et à l'attente des jours et des mois qui défilent.

Cette guerre d'indépendance prendra-t-elle fin un jour ?
L’innocence de cette femme ne sera-t-elle pas mise à rude épreuve ?

Entre une demande de permission qui n'aboutira jamais, cet amant qui lui a avoué ses sentiments et qui lui a promis de se marier un jour avec elle et d’élever ensemble leurs enfants, ce roman marque tout simplement les difficultés liées à la naïveté d'une jeunesse qui s'affranchit et qui veut se libérer des idées conservatrices et de la peur, refusant tout simplement un destin tracé d'avance.

Les dernières pages de ce roman m'ont toutefois troublées. La symbolique m'a sans doute échappée ou n'ai-je tout simplement pas compris l'anagogie de l'auteur en cette fin de roman et où ce dernier souhaite nous conduire.

Un grand merci aux Editions Denoël pour cette nouvelle découverte.
Note : 8/10

mardi 27 décembre 2016

Sexy comédie Recherche (fausse) fiancée Kim Grey - Editions Addictives


Sexy comédie Recherche (fausse) fiancée

Kim Grey


594 pages


Editions Addictives


Comédie Adult Romance





Synopsis


Quand Ivy Clemens, jeune comédienne de stand-up, indépendante et sûre d’elle, répond à l’annonce n° 345856, elle n’imagine pas qu’elle s’apprête à jouer le rôle de sa vie… Et quel rôle ! Engagée par Simon Stone pour incarner sa fiancée lors d’une fête de famille, Ivy doit renoncer à ce qu’elle est. D’artiste fauchée, elle devient la riche héritière d’une famille de diamantaires.

La jeune femme se lance avec curiosité dans ce défi pour le moins surprenant et terriblement attractif. Mais perdue entre fiction et réalité, elle sera bien vite déstabilisée par un partenaire aussi troublant qu’énigmatique.

Avis


C'est le genre de roman parfait à lire durant les fêtes de fin d'année. Facile à dévorer, tout comme une boîte de chocolats. Malgré le pavé qu'il représente par son nombre de pages, il s'avale aussi rapidement qu'une bonne bûche glacée.

Kim Grey a su trouver un rythme agréable à sa plume afin de rendre son récit attrayant, car ce genre de roman me laisse trop souvent un sentiment de déjà lu. Malgré des dialogues que je trouve parfois un peu trop naïfs, le fond même de l'intrigue reste intéressant. Les protagonistes sont toujours un copier-coller du genre, avec d'un côté l'homme riche ,séduisant et torturé et de l'autre la jeune femme un peu nunuche mais charmante.

Les scènes érotiques font bien évidemment parties intégrantes du récit mais suffisamment bien dosée pour ne pas alourdir le récit et le lecteur de longs paragraphes sirupeux et assommants.
Les quelques mésaventures de nos principaux protagonistes font un peu trop clichés et la simplicité des événements donne une dimension parfois un peu irréaliste à la situation. On s'en amuse, c'est le principal à retenir dans ce genre de récit.

Bon, vous l'aurez compris, même si ce roman n'est certes pas le coup de cœur de cette fin d'année, il aura au moins le mérite de se lire rapidement sans prise de tête et de vous faire passer quelques bons moments de lecture en toute sérénité.

Je voudrais enfin remercier toute l'équipe de Livraddict ainsi que les Editions Addictives pour l'envoi de ce partenariat.


Note : 7/10

dimanche 4 décembre 2016

Troupe 52 - Nick Cutter - Editions Denoël



Troupe 52

Nick Cutter

Editions Denoël

Traduit de l'anglais (Canada) par Eric Fontaine

446 pages








Synopsis


Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça. 
Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes. 
À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.



Avis

Un grand merci aux Editions Denoël pour cette belle découverte livresque. Un joli coup au cœur avec ce roman que je mettrai bien dans la catégorie des inqualifiables tant l'aspect sanglant et le côté captivant de l’histoire se confondent à la perfection pour en faire un véritable chef d’œuvre de l'horreur.

Je n'ai jamais été déçue par la collection des romans classés « à suspens » ou  « sueurs froides » par les Éditions Denoël. La plupart ont été de vrais coups de cœur pour moi et c'est en effet à nouveau le cas avec le roman de Nick Cutter, Troupe 52.

L'ambiance de ce roman est sinistre et glauque mais paradoxalement très palpitante au regard de ce qui se produit sur cette petit île où campent comme chaque année cinq scouts et leur chef Tim Riggs.
L'auteur a pris un soin particulier à fignoler le caractère de chaque protagoniste. Difficile d'ailleurs de se mettre à la place de ces différents adolescents au caractère si divergent les uns des autres. Entre la tête de Turc, le marginal antisocial, le caïd ou encore le beau gosse, le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer dans les dialogues. Un joli travail a été apporté sur la personnalité des personnages ce qui donne toute puissance et rondeur au récit. C'est fort agréable à lire, c'est même fascinant et ce malgré le côté un peu abject de certaines scènes. Mais bon, en lisant le résumé de ce roman, on sait à l'avance que l'on ne va pas débarquer sur l’île des Bisounours, bien au contraire.

Étrangement, si ce livre nous coupe la faim et nous vrille les entrailles en raison du mal qui s'abat sur cette petite île, l'auteur prend un malin plaisir à concentrer son récit sur la nourriture ou à tout ce qui peut s'y apparenter. Alors autant le dire, il faut tout de même avoir l'estomac bien accroché, car certains passages sont assurément aussi écœurants que palpitants.

Le style est fluide et authentique dans le sens où l'auteur donne tellement de réalisme au comportement de cette bande d'adolescents que nous prenons un réel plaisir à poursuivre ce récit aussi effroyable que passionnant.

Une adaptation cinématographique de ce livre serait un ravissement pour les fans du genre.



Note : 10/10

mardi 29 novembre 2016

Bridget Jones Baby Le journal - Helen Fielding - Editions Albin Michel


Bridget Jones Baby Le journal

Helen Fielding

Traduit de l'anglais par Françoise Sorbier et Dominique Autrand

Editions Albin Michel

Broché


264 pages





Synopsis

On croyait tout connaître de Bridget Jones.… Mais si la mythique héroïne ne nous avait pas tout dit ? C'est le plus beau moment dans la vie d'une femme : être mère pour la première fois. Mais Bridget n'est pas une femme tout à fait comme les autres. Lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte, elle hésite entre euphorie est désespoir : qui est le père de l'enfant ? Telle est la question (entre autres) qui la taraude... 

Dans son journal, la célibataire la plus désopilante de la littérature anglaise se livre… complètement. Une comédie vraiment éblouissante !



Mon avis

Pour n'avoir eu jusqu'à présent qu'une vision cinématographique de la plus célèbre des célibattantes, j'ai tenu à découvrir ce nouvel opus de Bridget Jones sous la plume de son auteur Helen Fielding.
Dans ce nouveau roman, Helen Fielding aborde le thème de la grossesse avec un humour aussi désopilant que dans ses précédents tomes.

A l'aube de la quarantaine, Bridget Jones est à nouveau célibataire, séparée de Marck Darcy, elle décide de se concentrer sur sa carrière professionnelle, délaisse volontairement sa vie amoureuse malgré cette foutue horloge biologique qui continue de tourner et un entourage qui n'arrête pas de lui rappeler sans cesse qu'elle atteint bientôt l'âge limite pour enfanter.

Mais alors que tout va pour le mieux dans sa vie, Bridget apprend soudainement qu'elle est enceinte. Quand elle voit enfin son rêve se réaliser, une problématique s'oppose à son bonheur : quelle est l'identité du père du futur bébé ?

Évidement, on passe de très bons moments de lecture avec une plume très fluide et divertissante.
Un petit bémol tout de même pour les premières pages où il est parfois un peu difficile de suivre la chronologie de son journal, mais bon, avec son espièglerie parfois grinçante et son côté un peu excentrique, l'approche de cette grossesse et des problèmes que Bridget va rencontrer donnent une approche plus authentique et plus proche de la réalité que les précédents opus avec de jolis clichés truculents.

Les rides n'ont finalement pas affaibli notre héroïne et c'est avec un immense plaisir que l'on découvre une Bridget Jones un peu différente mais toujours aussi charmante.

Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour cette belle découverte.

Note : 8,5/10  

mardi 1 novembre 2016

Irezumi - Akimitsu Takagi - Editions Denoël

Irezumi

Akimitsu Takagi

Éditions Denoël

Traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon


Broché 368 pages



Synopsis

Tokyo, été 1947. Dans une salle de bains fermée à clef, on retrouve les membres d’une femme assassinée. Son buste – lequel était recouvert d’un magnifique irezumi, ce célèbre tatouage intégral pratiqué par les yakuzas qui transforme tout corps en œuvre d’art vivante – a disparu. Le cadavre est découvert par deux admirateurs de la victime : un professeur collectionneur de peaux tatouées et le naïf et amoureux Kenzô Matsushita. La police a deux autres meurtres sur les bras : le frère de la première victime, dont le corps était lui aussi recouvert d’un irezumi, retrouvé mort et écorché, et l’amant jaloux de la jeune femme, tué d’une balle dans la tête. Frustré par leur incapacité à résoudre ces affaires, Matsushita appelle à la rescousse Kyôsuke Kamisu, dit «le Génie». Seul ce surdoué charismatique et élégant peut démasquer le psychopathe arracheur de tatouages. 

Paru en 1948 au Japon, vendu à plus de 10 millions d’exemplaires, Irezumi, véritable classique du polar nippon, est enfin publié en France.

Avis

Entre une couverture sympathique et fascinante et un résumé qui laisse songeur, le synopsis de ce roman m'a au commencement fortement séduit.

Sur un fond d'après guerre, ce roman nous embarque dans un thriller qui paraît épatant notamment avec le meurtre de cette femme tatouée d'un irezumi retrouvée démembrée dans sa salle de bain. Nonobstant, les débuts m'ont paru longs et les rappels liés à l'histoire japonaise et aux pratiques du tatouage mal perçues voire prohibées durant l'ère Meiji peuvent parfois, même si cela reste très instructif, prendre une part un peu trop importante sur l'ensemble du récit. Pareil, en ce qui concerne l'image négative que l'on tente de nous faire comprendre sur le tatouage souvent associé au Japon aux yakuzas, l'auteur se penche un peu trop souvent sur les valeurs de tout ce que peut représenter cet art marginal. Toute cette mise en avant de l'histoire du tatouage au Japon compromet l'essence même du roman qui pour moi a été remisée au second plan altérant ainsi la qualité du thriller.

Aussi, les personnages ne sont pas toujours tous très convaincants, notamment ce mystérieux surdoué qui sera presque à lui seul capable de résoudre l'énigme qui taraude l'ensemble des autres protagonistes. Sa présence en fin de roman laisse à l'auteur une solution de facilité pour terminer son roman sans trop s'éterniser sur l'imbroglio que cache cette affaire de meurtre et de tatouage.

Avec un style simple et opérant, ce roman reste toutefois un bon moment de divertissement associant lecture et culture.

Merci aux Editions Denoël!

Note : 6/10

lundi 24 octobre 2016

Je m'appelle Léon - Kit de Waal - Editions Kero (#MRL16)



Je m'appelle Léon

Kit de Waal

Editions Kero


Broché 352 pages 

Synopsis

Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop.

Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d’une petite plante fragile. Mais Leon n’oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. Le jour où il entend une conversation qui ne lui était pas destinée, il décide de passer à l’action…
Émouvant, dramatique mais aussi jubilatoire, Je m’appelle Leon évoque de façon éloquente la force de l’amour, le lien indéchirable entre frères, et ce qui, en fin de compte, fait une famille.



Avis 



Avant de donner mon avis sur ce roman, je tiens à remercier une nouvelle fois toute l'équipe de Priceminister mais également les éditions Kero pour m'avoir donné cette nouvelle chance d'être sélectionnée pour les Matchs de la rentrée littéraire 2016 et pour l'envoi de ce livre ô combien bouleversant et poignant.

Je me permets de le dire d'emblée avant même de commencer toute forme d 'analyse sur ce roman de Kit de Waal, ce livre est mon gros coup de cœur de l'année !

Auteur qui m'était encore inconnu jusqu'à cette lecture, Je m'appelle Léon est un roman déchirant, captivant, poignant et profondément troublant et humain. Toutes ces émotions sont d'ailleurs accentuées par le fait que la narration est faite par ce petit Léon, enfant de 9 ans, qui du jour au lendemain se retrouve seul à assumer la responsabilité de son demi-frère Jake âgé seulement de quelques mois. Carol, la mère des deux petits garçons, ayant sombré dans la dépression et l'alcool, passe ses journées à dormir, ne s'occupe plus de ses enfants et le père du petit dernier a déserté le cocon familial. Alors Léon tente tant bien que mal de s'occuper de son petit frère, mais un jour la situation s'aggrave et les deux petits sont placés en famille d'accueil, chez Maureen, une femme tendre et bienveillante.

A partir de là, en tant que lecteur, notre colère monte et nos larmes sont la démonstration de toutes les émotions bouleversantes que ce récit suscite.

Léon a 9 ans et c'est un petit garçon métis aux yeux noirs, quand à Jake sa peau est de couleur blanche, ses yeux sont d'un magnifique bleu et c'est encore un tout petit bébé, alors quand les services sociaux présentent les deux enfants à l'adoption, le petit Jake va très vite être adopté par un couple contrairement à Léon qui se retrouve désormais tout seul avec Maureen, complètement désorienté et en colère contre ce monde cruel saturé d'adultes hypocrites et sans scrupules.

A côté de tous ces émois fracassants qui vous nouent la gorge, certains passages sont amusants en raison de la perspective narrative présente et ciblée sur les sentiments et la sensibilité d'un enfant de 9 ans. On s'amuse et l'instant d'après on pleure.

Ce roman s'avale rapidement avec un bon paquet de mouchoirs à vos côtés et une sensation de nez bouché après chaque chapitre, mais une fois terminé, vous aurez le sentiment d'avoir accompagné ce petit Léon dans toutes ces péripéties et dans toutes ces tragédies avec chaque fois l'espoir que son avenir s'éclaircira. Près de vos mouchoirs, quelques friandises pourront sans doute vous réconforter comme les Raiders du petit Léon, que vous auriez bien aimé partager, pelotonnés avec lui devant la télé.

En milieu de lecture, l'auteur s'éloigne sans doute volontairement, avec quelques longueurs, du thème principal mais en ce qui me concerne ce flottement n'a rien entaché au récit. A lui seul, ce roman a été une boule d'émotions pour moi, sans doute parce que je suis une maman un peu trop mère-poule qui a assurément du mal à comprendre qu'une mère puisse délaisser à ce point sa progéniture.

Un très beau roman où l'auteur a su retranscrire avec justesse la force des liens du sang et du cœur avec un style innocent et attachant. Une plume fluide et délicate qui bouleverse son lectorat et qui nous ouvre les yeux sur une réalité présente dans notre société où malheureusement bons nombres de familles et d'enfants se retrouvent ballottés de foyer en foyer ou de famille d'accueil en famille d'accueil.

Note : 10/10 





samedi 22 octobre 2016

Demain les chats - Bernard Werber - Editions Albin Michel





Demain les chats

Bernard Werber

Edition Albin Michel

320 pages












Synopsis

Pythagore, chat de laboratoire appareillé pour se connecter avec les ordinateurs enseigne à Bastet, jeune chatte Montmartroise, à communiquer avec les humains pour tenter de leur faire prendre conscience de la violence de leur société.

Avis

Avec une si belle couverture de roman, on ne peut que fraterniser avec nos amis les chats, même pour les plus récalcitrants. Cependant, je n'ai pas été aussi fascinée par cette lecture que je l'aurai espéré.
Les premiers chapitres de ce roman sont plutôt sympathiques. Avec sa principale héroïne, Bastet, qui n'est autre qu'une chatte vivant dans un appartement parisien avec sa maîtresse, l'auteur Bernard Werber, tente de nous donner une vision atypique de notre société telle que perçue par nos braves petits félins, et tente, par la même occasion de s'amuser tout en divertissant son lectorat en abordant des thèmes qu'il affectionne tout particulièrement.

Nous apprenons à connaître Bastet dont l'ambition principale, pour cette chatte légèrement acariâtre, est de communiquer avec nous, êtres humains. Et bien évidemment, pour l'aider dans sa volonté, elle va faire la connaissance de Pythagore, un chat voisin, intelligent, un brin prétentieux mais brillant qui connaît déjà tout sur l'espèce humaine.

Si le style de l'auteur est très engageant et facile à lire, en retour l'histoire est en elle-même davantage contée dans le seul but de nous représenter les difficultés que traverse notre société actuelle à travers les yeux des chats, animaux considérés comme supérieurs à nous, égoïstes, indépendants, intelligents et extralucides.

Quand on pense que les chats ont conscience du danger que peut représenter l'espèce humaine ! L'auteur aborde en effet régulièrement le thème principal de notre actualité avec l'ubiquité du terrorisme. 
Le contexte et l'ambiance de fond sont les points positifs de ce roman, mais en ce qui concerne le reste, c'est parfois un peu du grand n'importe quoi. Même s'il s'agit d'un roman un peu fantasque, certaines situations sont difficilement atteignables et envisageables, même si demain on peut envisager des chats connectés à Internet. Après tout, le monde de demain sera peut être complètement différent de celui que nous vivons aujourd'hui, alors, pourquoi pas ? 
Les chats ont tout de même raison sur un point essentiel, l'espèce humaine progresse et travaille à sa propre extinction. Ce constat est malheureux mais il est effroyablement réel.

Un grand merci aux Editions Albin Michel pour la découverte de ce nouveau roman de Bernard Werber.

Note : 7/10



mardi 27 septembre 2016

De beaux jours à venir de Megan Kruse - Éditions Denoël -


De beaux jours à venir

Megan Kruse

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

Éditions Denoël


372 pages








Synopsis

Depuis des années, Amy subit la violence de Gary. Jusqu’au jour où elle reçoit le coup de trop et décide de s’enfuir avec ses deux enfants, Jackson, dix-huit ans, et Lydia, treize ans. Premier arrêt au Starlight, motel crasseux qui va leur servir de refuge. Tous les trois s’endorment sereins et soulagés, mais au petit matin Jackson a disparu. Croyant gagner l’amour d’un père qui le rejette, il est retourné chez eux et a trahi sa mère et sa sœur en révélant à Gary l’adresse du motel. Amy se rend alors à l’évidence : si elle veut assurer sa sécurité et celle de Lydia, elle va devoir abandonner son fils. Cette séparation brise le cœur de la petite fille, très attachée à ce frère doux et différent. Jackson, de son côté, doit désormais se débrouiller seul, tiraillé entre la recherche désespérée de l’amour paternel, sa culpabilité et sa difficulté à gérer son homosexualité naissante.

De beaux jours à venir est un roman terriblement juste, touchant et sans complaisance, sur la famille, les sacrifices que l’on peut faire en son nom, et leurs conséquences. Un chef-d’œuvre où l’émotion prend à la gorge à chaque page.




Avis

Ce roman démarre dans la petite ville de Tulalip dans l'état de Washington où l'on fait la connaissance de la famille Holland : Amy, la mère ; Gary, le père, mari violent, despote et alcoolique ; et leurs deux enfants, Lydia et Jackson.

Au travers des trois principaux protagonistes : Amy, Lydia et Jackson, l'auteur construit son roman à trois voix tout en remontant le temps. Cette chronologie structurée permets ainsi au lecteur de découvrir l'histoire et le vécu de chacun, tous marqué à différents degrés par la violence, les doutes et l'inquiétude. D'autre part, l'auteur n'a pas à se soucier du risque de perdre son lecteur dans la succession des événements relatés car elle a su combiner « temps » et « focalisation », car en effet, chaque chapitre est centré sur un des trois principaux personnages, ce qui donne toute facilité au lecteur de suivre commodément le récit.

C'est le personnage de Jackson qui m'a sans doute le plus touché, avec le sentiment personnel que l'auteur a davantage peaufiné le caractère de ce dernier.

L'auteur traite de nombreux et sombres sujets à sa manière dans ce formidable récit : les violences conjugales, la peur, l'homosexualité, l'abandon, la rue, la misère, la prostitution, et bien d'autres.

Je remercie à nouveau les Éditions Denoël pour cette belle découverte livresque.

Note : 9/10